Le barrage ? Sans moi et sans émois.

“Faire des miracles demande beaucoup de travail. La plupart des gens abandonnent avant qu’ils ne se produisent”.

Sheryl Crow – Maybe that’s something (The Globe Sessions)

Malheur, urgence, désespoir : Marine le Pen est au second tour de cette tragi-comédie burlesque que l’on appelle l’élection présidentielle. Face à Emmanuel Macron. Oui, Marine Le Pen. La fille de Jean Marie. Celle qui a nettoyé la vitrine mais pour y exposer les mêmes produits que son père. Le risque qu’elle accède au pouvoir est grand. Musique d’ambiance et plan au ralenti.

Cette fois, la nouvelle n’indigne pas, contrairement à 2002. Pas de cris d’effroi, de débats, de longues tirades passionnées saupoudrées de paroles creuses ou d’humanisme servit en deuxième partie de soirée. Rien. Un moment de botox vocal où même les quelques pourcents séparant Macron de Le Pen n’ont pas abouti sur un commentaire. Horreur de la froide fatalité acceptée.

Puis, quelques heures après, on a appelé à barrer la route au Front National. Tweets, tribunes, blogs, billets d’humeur : l’appel à sauver le soldat démocratie était lancé mais telle une flèche aiguisée en direction des abstentionnistes et sans dialogue préalable. Démocratie ? On peut faire mieux. Taper sur ceux qu’on pense convaincre en les accablant et en les culpabilisant ? Contreproductif et ignoble. Aussi vulgaire et violent que d’insulter une jeune fille insensible aux sifflets qu’elle récolte sur son passage parce qu’elle ne s’arrête pas mais après tout, on s’en fiche : la fin justifie les moyens. Le plaisir d’incarner ce bras fièrement musclé et moralisateur qui sortira les abstentionnistes pour les pousser aux urnes est trop grand pour s’éterniser sur ces petits détails.

« Il faut éviter le pire » !

C’était ce qu’on entendait à table, à la machine à café, au bureau de tabac, dans le train, à l’entrée des aéroports et sur les parkings des super marchés. Le pire, ça serait la victoire du FN qui propulserait ce pays dans de nouvelles pages sombres de son Histoire, écrites avec le sang que les abstentionnistes ont fait couler en décidant de bouder les bureaux de votes, manquant indéniablement de respect à ces milliers de révolutionnaires morts pour la démocratie.

Le débat n’aurait pas lieu si le pire n’était pas aussi mal défini. Il apparaît difficile de concevoir que le pire, pour quelques abstentionnistes que l’on ne veut ni entendre ni comprendre, ait déjà commencé. Pour bon nombre d’abstentionnistes, le pire est déjà leur pain et leur beurre et avant que l’on ne leur sorte la carte « victimisation ! », incontournable joker de la discussion, il faudrait accepter d’entendre qu’une présidence Macron ou Le Pen ne serait, hélas, que la promesse d’une légère aggravation des problèmes déjà existants : discriminations, précarité, exclusion sociale, invisibilisation, mépris culturel, mépris de classe, violences policières, violences économiques, glorification du passé colonial, etc… Quelle serait la nouvelle donne ? Une attaque à peine plus frontale, toujours aussi injuste et humiliante, mais, comme toujours, servie sous couvert de nobles combats menés au nom du vivre ensemble, de la laïcité, du féminisme et même de l’antiracisme…

Le pire n’est donc qu’une caricature du présent. Le pire, c’est qu’on connaît le pire et qu’on le vit et que l’on a rien fait d’autre pour nous que de nous dire que ça pouvait être pire que pire, à tel point qu’on se demande vraiment d’où on peut affirmer que le pire à venir sera pire que le pire du moment présent. Passé cet enfantin jeu de mot, on sait ce qu’il y a de pire pour ceux qui veulent s’éviter le pire : la honte. Parce que c’est principalement ça qu’on veut éviter à tout prix : la honte et les explications qui en découlent, comme si l’heure de se désolidariser sonnerait mais, cette fois-ci, pas pour les mêmes. Parce que la possible victoire du FN remet beaucoup de choses en jeu, à commencer par l’aura dorée de la France qui risque de rouiller sur le plan international. Ceux qui n’ont que peu de choses à craindre du FN le savent : c’est une réputation qui est en jeu dans cette élection. Celle de la patrie des lumières, France éternelle et brillante, défendue par Fatou Diome avec la passion d’une amoureuse transie. Pays des droits humains qui risque de prouver ses limites comme un vulgaire produit de beauté surcôté.

« Mais quand même comment en est-on arrivés là ? »

Les mots sont forts, tout autant que la réalité : le pays souffre de toxicomanie raciste. Ces dernières années ont été celles du brouillage idéologique où tout le monde s’est retrouvé à faire du front national jusqu’à en droguer le pays tout entier. De l’immigration à l’Islam, à la présence dans les médias de personnages hautement contestés relayant les pires mensonges et préjugés, aux calomnies visant ceux qui ont osé contredire l’amas de haine raciste, on a eu une dose déferlante de front national, servie tous les jours dans le sirop médiatique, avalé de gré ou de force mais toujours goulument. Mais, c’était le bon front national, comprenez : celui qui sort de la bouche de dirigeants politiques, d’intellectuels qui portent bien la toilette, qui se disent Républicains, de gauche ou de droite mais qui, jamais, au grand jamais, ne seraient racistes. Comme si cela faisait une différence pour celui qui sent sur sa tête l’ombre brûlante du doigt pointé accusateur. Un racisme qui n’est pas du FN n’est pas un racisme vertueux. Il est vicieux. Fignolé pour avoir l’air propre alors qu’il demeure sale. Même quand il est dévoyé pour prétendre à la défense des femmes, de la laïcité ou d’autres combats nobles. Encore plus quand une ministre s’en sert dans un exercice de féminisme galeries Lafayette à la sauce négrophobe. Même quand un homme de gauche approuve l’extrême droite. Même quand les Unes des magazines se font toutes retoucher par le même chirurgien esthétique pour ressembler à Valeurs Actuelles.

Il y a de quoi sourire avec amertume, devant la panique des militants du barrage républicain et leur argumentaire typique d’un vendeur indépendant de contrats d’assurances du Wyoming. Passionnés et pleins d’entrain, ils auraient enfin presque compris que l’heure était grave maintenant que la flamme commençait à se rapprocher. A mes yeux, c’est comme être celui qui se trouve sur une terre torpillée par une progressive catastrophe naturelle qu’il était le seul à subir dans l’indifférence mais que le reste du monde n’a daigné considérer que lorsqu’elle s’est invitée sous sa fenêtre. Et encore : il n’a été question que de faire barrage au FN. Qu’en est-il de tout ce qui précède le FN ? Rien. Et pourtant, entre l’état d’urgence, la création du ministère de l’identité nationale, les lois antivoile ou burkini, l’impérialisme, la protection des auteurs de violences policières, le mépris, les discriminations, l’asphyxie économique des quartiers populaires avec la Loi Travail, les bombardements à l’international, la banalisation des agressions à caractère islamophobe, il y avait de quoi s’arrêter et réfléchir. A moins que les plus rusés aient compris que le maximum à faire revient à faire des promesses, choses que l’on déteste de nos jours.

S’il reste quelques âmes candides pour se demander comment on en est arrivés là, mon conseil serait d’aller vous adresser directement à ceux qui ont voté pour le FN. Comme pour l’élection de Trump, il faudrait cesser de viser lâchement ceux qui ne sont en rien responsables du résultat qu’on connait.

L’abstention veut dire l’abstention.

Parce que les leçons ne sont jamais retenues par ceux qui se bornent à croire qu’il n’ont rien à apprendre de nous, il convient de continuer à jouer à ce jeu par l’abstention. Elle est, à elle seule, un geste politique. Moins grossier que le bras d’honneur mais tout aussi symbolique. Les gens outrés par cette posture parleront immédiatement de cadeau fait au FN, de communautarisme, de division et, en épuisant les cartouches avec lesquelles ils tirent, finiront par faire tomber les masques en nous disant que de toute façon, ils n’auraient rien à craindre du FN au pouvoir et que le barrage serait surtout pour nous protéger. Quelle grandeur d’âme! Quelle bonté ! Ô, mes amis ennemis ! Triste nouvelle pour vous : je n’ai plus que le regard indifférent de Joan Crawford pour répondre à ce paternalisme teinté de mépris tellement ordinaire qu’il vous a échappé ! L’heure des génuflexions devant votre agenda est une heure morte et enterrée. Elle a épuisé toute ma souplesse et convaincu à jamais qu’être la pom pom girl d’une équipe qui ne mobilise ses troupes que pour sauver sa propre peau ne sauvera jamais la mienne alors qu’elle en a eu mille occasions. Et je n’en suis même pas désolé.

38 réflexions au sujet de « Le barrage ? Sans moi et sans émois. »

  1. flyv

    T’as de la chance de pas être de couleur mon frère, sinon tu saurais que le racisme qd il devient institutionnel et bien les premiers visés ce sont les gens de couleur qui vont encore se faire un peu plus contrôler bastonner et quelquefois descendre. Merci pour eux pour eux ! ce n’est pas pareil le fascisme et les banques. ben oui !

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  2. flyv

    Je continue… Du coup si t’es blanc tu peux continuer à jouer tranquillement à raisonner sur la démocratie et ceux qui l’ont pourri; c’est pas toi qui sera victime au quotidien. Pense au plus faible et à ceux qui vont morfler si MLP était élue. Ton raisonnement est un raisonnement de blanc instruit pas de mec de cité….

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    1. Paige Auteur de l’article

      Euh….
      Moi, blanc? La blague du siècle. Soit vous lisez très mal, soit vous êtes passé à côté du raisonnement et de ce que cet article dénonce.

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      1. flyv

        Désole je ne vous connais pas suis tombe sur ce blog au hasard.
        Si vous êtes de couleur, je comprends encore moins votre raisonnement.
        Je suis d’accord avec vous sur la banalisation et la complaisance des medias vis à vis du FN.
        Mais vous n’avez pas l’air de comprendre ce que voudra dire la LEGITIMATION du racisme une fois MLP au pouvoir… Dire le pire est déjà là pour beaucoup n’est pas vrai ca peut toujours etre pire dans la violence et le racisme. Et on va morfler beaucoup plus..Mais si ce n’est pas grave et si un banquier libéral c’est la même chose que MLP blanc bonnet et bonnet blanc 😉 on est en pleine confusion des valeurs et des idées.

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        1. Paige Auteur de l’article

          La légitimation du raciste a déjà eu lieu… Regardez nos débats, nos “fake news”, nos polémiques et ce qu’elles ont créé.

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          1. ALEXIS Z

            Bonjour
            Vous pointez de façon pertinente l’hystérie ou la violence verbale des certains partisans du vote de barrage à l’extrême-droite. Mais tous ne parlent ou n’écrivent pas sur ce ton comminatoire. Certains dénoncent depuis des années les problèmes et scandales que vous pointez. De même que donner l’ordre aux autres de voter Macron est choquant, il est choquant de mettre dans le même sac tous les gens qui sont favorable à ce vote de barrage. En ce qui me concerne je pense surtout qu’entre deux mots il faut faire l’effort de choisir le moindre et assumer son choix en votant.

          2. Paige Auteur de l’article

            Je ne m’adresse pas aux personnes qui sont libres de barrer le FN mais aux personnes qui culpabilisent, dénigrent et insultent les abstentionnistes.

  3. Che Guevara

    Eh bien je n’ai rien à foutre de vos états d’âme, rien à foutre de votre peu d’émoi. Votre peu d’émoi ne m’émeut même pas. Et si je vais voter Macron, ce n’est certainement pas pour vous sauver de la LE Pen et ses sbires. Je n’ai pas cette grandeur d’âme. Mais il ne faudra pas venir pleurer ou vociférer le 8 mai, appeler à manifester ou quoi. Il faudra assumer vos humeurs en silence. Et si d’ailleurs vous pouviez vous abstenir mais en silence, vous abstenir, tout court, de déverser votre morale et vos justifications à deux balles. D’avance , merci !

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    1. Paige Auteur de l’article

      A Che Guevara le vaillant,
      Je ne vais certainement pas m’abstenir en silence et encore moins venir pleurer en cas d’une présidence Le Pen qui, je vous le rappelle, sera la même chose à mes yeux qu’une présidence Macron. Vous pouvez dormir tranquille: je ne suis pas de ceux qui appellent à manifester.
      Votre réaction est d’ailleurs surprenante : vous prétendez ne pas être ému mais vous me faites l’honneur d’un commentaire aux accents de réaction émouvante où votre rage éclate. Ben dites-donc! Si la démocratie doit être défendue par vous, vous me donnez encore plus envie de la laisser pourrir comme un légume. D’avance, merci pour votre contribution au rassemblement et par l’illustration parfaite de ce que je dénonçais. Je n’espérais pas mieux…

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      1. Legrand

        Merci Paige pour votre article que je trouve si intelligent, ça fait du bien de vous lire. Dommage que vos propos vous attirent tant d’agressivité, sans doute certains lecteurs se sont-ils trompés de site…

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    2. Xan ANSALAS

      Un petit conseil en terme d’efficacité : Allez donc ferrailler avec autant d’énergie sur les blogs de partisans du FN ! Bref, cessez de vous tromper d’ennemi ! A moins que… (?)

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  4. Rage-A

    Merci pour ce billet qui me conforte un peu plus dans mon choix et qui, à sa lecture, m a replongée dans les souvenirs fortements douloureux de ce quinquennat et m a procurée à la fois un sentiment de colère, parfois de dépit, mais pas de résignation… l abstention n est pas une résignation, elle peut parfois se révéler un vrai moteur pour qui arrête de se voiler la face et prend le temps d analyser et comprendre vraiment ce qui a été loupé. Aussi brutale qu elle puisse paraître dans la configuration politique actuelle, elle a toute sa légitimité pour celles et ceux qui ont eu à subir maints discours culpabilisateurs et injonctions à la désolidarisation (“Not in my name” par ci, “not in my name” par là)… Et là, pour le coup, ce que me propose la démocratie, ca sera vraiment sans moi!!!

    Vous avez une belle plume, précise et acerbe, je continuerais à vous lire, c est certain… Tous mes encouragements!

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  5. L'histoire est à nous

    “le pays souffre de toxicomanie raciste”, incontestablement.
    Merci pour cet article très intéressant et très bien écrit.

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  6. Mousse

    Bonjour

    Le choix de l’abstention est respectable, mais il n’est possible que lorsqu’on propose le choix.

    Quand vous dites que Macron et FN c’est pareil, vous avez accepté ce que ceux que vous dénoncez ont voulu vous faire croire. Que le danger est identique. Ils reprennent les idées du FN pour mieux les faire accepter dans la société, c’est donc acceptable pour eux. Oui, ils en jouent pour mieux faire accepter le libéralisme et ils sont ignobles. Mais non, ce n’est pas pareil.

    Économiquement, c’est pareil. L’extrême droite est libérale, il n’y a qu’à voir ce que vote Madame Le Pen au parlement européen, il n’y a qu’à voir le programme économique de Monsieur Le Pen père, et il n’y a qu’à ouvrir un livre d’histoire pour savoir que patronat et extrême droite s’accoquinent bien ensemble.

    Sociétalement en revanche, ce n’est hélas pas du tout la même tasse de thé. Le Pen au pouvoir, c’est la légitimation de toute la parole raciste, homophobe et sexiste en partie libérée. Il y a déjà nombre de recul sur les droits des hommes et des femmes, avec Madame Le Pen, ça ira encore plus vite. Et ça ira d’autant plus vite qu’avec elle, même le vote risque de ne plus être un moyen de se faire entendre. Si le vote n’est plus un moyen de se faire entendre, l’abstention ne le sera pas plus. Et peut être regretterez vous ce jour là de ne plus avoir le choix de l’abstention.

    On peut choisir la mort douce, ne serais ce que parce qu’elle laisse encore un espoir de pouvoir changer les choses, et comme dans le conte d’Alphonse Daudet faire comme Renaude, se battre jusqu’au petit matin. Et si ce combat là est perdu, et bien tant pis, mais il nous aura donné pendant 5 ans l’espoir que rien n’est inéluctable. Le score de Monsieur Mélenchon devrait vous le prouver, rien n’est inéluctable, puisqu’il n’a cessé de gagner de voix, il a presque manqué de temps.

    Temps qu’on a une dernière chance d’avoir.

    Bonne journée à vous.

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  7. ari

    Merci pour ce billet.
    On étouffe avec la bien-pensance de gauche modérée qui nous refait le même coup à chaque élection.
    J’ai même vu un billet ridicule de Glucksmann qui stipulait qu’un score élevé de Lepen à la présidentielle lui attribuerait plus de sièges au Parlement.. Là on atteint le fond du sermon malhonnête..

    Arrêtons d’en vouloir à ceux qui n’y refusent de prendre part au cirque du deuxième tour, commençons à se battre aujourd’hui contre les responsables – les politiques à la Macron et les idées à la Lepen… et à préparer des législatives plus réussies que cette présidentielle aux allures de pré-funérailles du social.

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  8. Christophe

    Choisir entre Macron et Le Pen, ce n’est pas choisir entre la peste et le cholera, comme le dit l’adage à la mode en ce moment. Mais entre un rhume et le cancer.

    Ne pas voir la difference FONDAMENTALE entre un candidat aux idées sur l’économie qui derangent, un candidat certes déjà testé comme Ministre, mais avec qui on pourra toujours manifester dans la rue, se syndiquer, avoir une liberté de la presse, des juges et des fonctionnaires indépendants, voter, et une candidate qui s’en est déjà pris à l’indépendance de la fonction publique, à celle des juges et tout récemment encore à celle de la presse, me met la rage.

    Ne pas voir la difference entre la démocratie, certes imparfaite, mais avec tous ses contre pouvoirs, et le risque d’une Lepenisation de la société de haut en bas, comme ce fut le cas après les elections de 1932 en Allemagne, me fait peur. Ne pas voir l’incroyable machine de guerre du FN, la motivation incomparable qui anime tous ses membres vers un seul but me déchire.

    Vous êtes, comme beaucoup d’autres, une somnambule. Vous m’effrayez de ne pas avoir de discernement à ce point.

    On choisit pour le moins mauvais des candidats. Je n’arrive pas à croire que vous, et tant d’autres, puissiez mettre les deux candidats dans le meme panier.

    Honte à tous ceux qui s’abstiendront, et, en cas de victoire de Marine Le PEn, iront manifester dans la rue. C’est dans les urnes que l’on se débarrasse d’un danger bien pire que celui d’un président centriste, pas dans la rue, où des violences multiples ne tarderont pas éclater, au grand bénéfice de la présidente élue dans les urnes, et donc par le peuple. Et qui jouera la dessus (pour utiliser l’Article 16 de la Constitution ?)

    Ce sera trop tard.

    Des somnambules. Je n’arrive pas à croire à quel point les theses ultra dangereuses et nauséabondes d’un parti qui peine à cacher son vrai visage, ont pu être à ce point banalisées. Voir encore l’affaire Jalkh. Ou l’interdiction de plusieurs journalistes lors d’un meeting à Nice hier soir.

    Vous m’effrayez. Ou peut-être ne connaissez-vous pas trop l’histoire ? Je vis en Allemagne.

    Cordialement. Avec inquiétude et surtout incomprehension.

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    1. Paige Auteur de l’article

      Cher Christophe,

      Avec ce commentaire, vous renforcez mes convictions à la fois sur mon souhait de m’abstenir de voter mais en plus, vous prouvez facilement tout ce que je dénonce à longueur de billets. Pour cela, je vous en suis extrêmement reconnaissant.
      Pour commencer, vous faites une petite erreur de genre en vous adressant à moi au féminin mais passons… Apparemment, je suis bête et aveugle pour ne pas voir la différence FONDAMENTALE entre Macron et Le Pen et je vous remercie de m’avoir consacré du temps pour me sortir de mon gouffre d’ignorance.
      Cela dit, je vous trouve FONDAMENTALEMENT à côté de la plaque pour me parler de “risque de lepénisation des esprits”. Vraiment? La lepénisation des esprits est un danger qui nous guette? Vous croyez que ça n’a pas déjà commencé depuis… très longtemps? Le succès et la banalisation voir normalisation des thèses frontistes, c’est du nouveau? En tant que personne concernée directement par bon nombre des thèses, laissez-moi vous le dire : non. Je l’ai vécu et je le vis encore dans ma chair, sur une échelle des violences qui va du très bas au très haut, ente le racisme latent – aussi candide qu’ignorant – et celui dans sa forme violente qui défigure quand il ne menace pas immédiatement de tuer. D’ailleurs, la lepénisation des esprits a tellement bien prit que… vous m’en offrez un petit aperçu dans cette attitude nauséabonde d’internaute citoyen indigné qui ne peut s’empêcher de venir me donner un cours d’Histoire Européenne comme si je venais de descendre d’un bus de touristes. Donc gardez votre votre mépris et votre prétention pour vous ou ceux qui sont suffisamment intéressés par votre posture. S’il y a quelqu’un à qui faire la morale et donner des cours d’Histoire, c’est aux électeurs du Front National, pas à ceux qui reçoivent des coups de leur part et visiblement de la part de gens comme vous, ces effrayés qui ne comprennent rien mais s’autorisent toute la condescendance du monde, pourvu qu’elle les rassure sur leur position.

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      1. Christophe

        Cher Paige

        Vous dites “Apparemment, je suis bête et aveugle pour ne pas voir la différence FONDAMENTALE entre Macron et Le Pen et je vous remercie de m’avoir consacré du temps pour me sortir de mon gouffre d’ignorance.”

        Donc j’en conclue que vous la voyez, cette différence fondamentale. Vous pouvez donc faire la part des choses entre une société raciste, qui a pu, et peut vous blesser violemment, et vous n’êtes malheureusement pas le seul dans ce cas, et une dictature ? Si vous pensez que la société sous une majorité et un gouvernement Macron sera aussi cruelle pour la majorité des français qu’une dictature où la plupart des libertés qui nous sont octroyées, y compris celle d’exprimer son avis sur un blog, seront contrôlées, puis peu à peu supprimées, j’attends vos arguments. J’y pense, j’ai cru lire que Wikipédia avait été suspendu en Turquie… Ne croyez-vous pas de telles choses possibles sous un gouvernement FN ? Ne pensez-vous pas le FN capable de renvoyer (un doux euphémisme) tous les hauts fonctionnaires, journalistes, juges, professeurs, blogueurs etc… qui exprimeront un désaccord sur sa politique ? Pas la première année, hein, mais insidieusement, peu à peu, comme un chappe de plomb qui se formerait couches par couches ?
        Et si, sous une législature FN, vous êtes victime de racisme et allez porter plainte dans un commissariat, ne pensez-vous pas que cela soit possible que, non seulement personne ne prenne votre plainte et vous rie au nez, comme cela a pu se produire, mais que vous « disparaissiez » pour « quelques temps » pour entrave aux autorités ? Car c’est bien le projet de la candidate de donner plus de pouvoirs aux autorités locales, qui, c’est certain, seront aux mains de frontistes déterminés. Ces choses ont existé, et existent dans de nombreux pays. La dictature ne s’arrêtera pas aux frontières, pas plus que le nuage radio actif l’a fait en 1986…

        Vous dites “Vous croyez que ça n’a pas déjà commencé depuis… très longtemps? Le succès et la banalisation voir normalisation des thèses frontistes, c’est du nouveau? En tant que personne concernée directement par bon nombre des thèses, laissez-moi vous le dire : non. Je l’ai vécu et je le vis encore dans ma chair, sur une échelle des violences qui va du très bas au très haut, ente le racisme latent – aussi candide qu’ignorant – et celui dans sa forme violente qui défigure quand il ne menace pas immédiatement de tuer.”

        Et vous ne pensez pas qu’une société gouvernée par MLP et un parlement FN sera en mesure de multiplier les souffrances dont vous parlez par mille ? Si c’est votre avis, j’aimerais entendre un argument sur le sujet.

        Oui, je suis effrayé, et j’en suis fier. Car je n’ai absolument pas confiance en l’avenir sous une présidence FN. Quelles qu’en puissent être les dérives racistes, antisémites et homophobes de la société actuelle, madame le pen nous a montré qu’elle est capable d’aller bien plus loin, de changer radicalement la nature de la société, en s’en prenant aux rouages de la démocratie, comme par exemple la séparation des pouvoirs et la liberté de la presse, sans parler de sa dernière remarque sur les désordres du premier mai, qui n’auront plus lieu si elle est élue… Ah oui, il ne sera donc plus possible de manifester ? Mais même sous le gouvernement de cet excité de Sarkozy, les libertés fondamentales ont été garanties. Alors que MLP voudra d’institutionnaliser les dérives actuelles pour créer un cauchemar quotidien pour la grande majorité des français, sans recours. Car aujourd’hui, malgré la haine dont vous êtes l’objet de la part des racistes, vous pouvez voter, vous pouvez vous exprimer, lire les journaux que vous désirez, vous déplacer librement mais demain ?

        Si vous pensez que je suis trop pessimiste, j’aimerais entendre vos arguments, et pas de simples remarques sur ma condescendance. Non, je ne vous méprise absolument pas. J’aimerais simplement comprendre pourquoi un gouvernement Le Pen ne vous fait pas « beaucoup plus peur » qu’un gouvernement Macron. Personnellement, je persiste à voir la différence entre un rhume, disons une grippe pour souligner les maux dont souffrent la société actuelle, et le cancer.
        Il s’agit de mon opinion.

        Merci

        Cordialement

        Répondre
        1. Paige Auteur de l’article

          Cher Christophe,
          Je suis assez vieux pour pouvoir vous dire que de Mitterrand à aujourd’hui, de droite à gauche, je ne constate que quelques maigres changements. Concernant Macron et Le Pen, je persiste et je signe : je ne vois toujours pas de différence. Pour information, Macron compte ficher tous les militants d’extrême gauche et améliorer les équipements policiers. Porter plainte dans un commissariat? Il m’est arrivé de porter plainte pour agression avec photo et adresse de l’agresseur (que je connaissais + ou -) et ça n’a aboutit à rien. On m’a même demandé si j’avais cherché. D’ailleurs, bien avant ce fameux deuxième tour, j’avais exprimé une opinion sur les violences policières que vous pouvez lire ici. Je ne vous trouve pas pessimiste mais je vous prie juste d’accepter d’entendre autre chose que cette folle histoire de barrage. Non, désolé, je ne barre la route à personne et encore moins à quelqu’un dont l’intégralité du programme me menace également. Regardez le traitement de la question dite “musulmane” par Macron. Vous le trouvez si différent de MLP? Savez-vous qu’il a proposé à Valls de faire équipe? Le même Valls qui inspire MLP? Vous êtes au courant du scandale du mouvement en Marche vis à vis du CCIF? De quoi est-ce digne?
          Bref, pour ma part, je m’en moque. Je ferai avec comme j’ai toujours fait avec. Si on veut me convaincre, on arrive trop tard et on s’y prend très mal (je ne parle pas de vous) et ça me fatigue. De toute façon, dans cette société, à l’origine, je suis invisible et indésirable et c’est pas faute d’avoir donné mon coeur à la France et de m’être battu, malgré les portes claquées au nez, les insultes et le mépris ordinaire. Tant pis. Personnellement, je n’ai aucun état d’âme à ce sujet.

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  9. Sam

    D’accord sur le fond et sur la forme.

    J’ajouterai que le FN fonctionne comme un bouc émissaire du racisme pour les dominants en France (médias et politiques confondus). Dans la tradition hébraïque, on utilise un bouc qu’on charge symboliquement de tous les péchés du peuple et qu’on “envoie au diable”.
    De même, les “élites” font du FN le bouc émissaire du racisme, le seul parti raciste là où eux seraient antiracistes et égalitaires.

    Cela dit, à la différence du bouc de la tradition qui n’est responsable d’aucun péché, le FN est vraiment un parti raciste, assumé (là où le racisme des autres partis n’est pas assumé). Et entre une raciste qui s’assume et un raciste qui s’assume pas, je pense qu’on a des chances de s’en sortir moins mal avec le raciste qui s’assume pas. Au moins on peut “discuter” et pointer ses contradictions.
    D’autant plus qu’il me semble que si le racisme est devenu hégémonique, c’est bien à cause du FN. Lutter contre le FN en tant que tel (parti raciste qui s’assume), c’est donc lutter contre l’hégémonie raciste et le racisme présent dans les autres grands partis. Mais bien évidemment, ça ne dispense pas de combattre directement le racisme de ces partis.

    En somme, je crois malheureusement que le “pire” pourrait aller encore plus loin et plus vite avec une candidate qu’un autre (mais je comprends qu’on refuse de choisir entre l’aggravation lente et l’aggravation rapide de la situation).

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  10. marie

    Bonjour Paige,
    Pour moi c’est juste une question de timing. Si on doit se retrouver avec une présidente qui a vraiment des potes fachos qui sont vraiment déterminés à prendre la France à leur manière, pour moi le plus tard sera le mieux. Point barre.
    Si les électeurs ne font pas barrage à ces gens-là, ils ne vont pas se gêner. Et je crois que leur brutalité peut dépasser de très loin et très vite ce qu’on vit aujourd’hui et ce que l’autre candidat est prêt à nous servir.
    Donc je vote pour un sursis. Pas tout de suite. Parce que les luttes, les résistances concrètement ça veut dire d’abord beaucoup de souffrances et de sacrifices. C’est beau. C’est peut-être nécessaire dans nos existences qui n’ont plus beaucoup de sens. Voire ça peut être utile pour progresser sur le long terme sur certains terrains, la lutte contre la “toxicomanie raciste” peut-être soyons fou.
    Mais moi j’ai déjà assez à faire avec le système actuel, il m’offre tout ce qu’il me faut d’injustices et d’indignations pour alimenter ma toute petite quête au quotidien avec de toutes petites luttes et résistances quotidiennes. Pas sûre d’être au taquet pour mener le grand soir le mois prochain.
    Et donc juste, pour préciser : parmi les gens qui feront barrage, vous trouverez ça peut-être encore plus mesquin mais il n’y a pas que des grandes âmes qui s’inquiètent de l’aura de la France. Il y a aussi des petits calculateurs comme moi avec juste une autre lucidité que la vôtre. Qui est une lucidité quand même. Qui fait qu’on se retrouvera peut-être dans les mêmes luttes demain et que ce serait bien alors de ne pas ergoter sur “mais toi tu m’as bien fait la morale pendant l’entre-deux-tours”/”non mais c’est toi qui as commencé à vouloir me culpabiliser avec ta bonne conscience de merde”/etc. Chacun ses raisons.

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    1. Paige Auteur de l’article

      Bien sûr que chacun a ses raisons. Cela dit, je ne suis pas prêt d’oublier les commentaires hargneux et très moralisateurs, voir accusateurs qui pullulent sur la toile où des positions similaires aux miennes sont critiquées. Un internaute vient de me dire qu’il ne faudra pas compter sur lui quand je serai “en pleurs”. Même pour un stratège débutant, ce genre de réflexion ne donne pas du tout envie d’aiguiser son point de vue, voir de le réviser. C’est dommage. Bon courage à vous pour vos luttes quotidiennes, en espérant que votre futur brille comme vous le méritez.

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  11. M-A Djeribi

    Excellent article, merci, je vois moi aussi depuis longtemps le racisme/sexisme endémique en France et bien sûr aussi dans tous les autres pays fondés sur la colonisation et l’exploitation ininterrompues des humains et des ressources d’autres territoires. Les principes de base des “démocraties” (mais de quel “demos” parlons-nous?) de l’ouest sont en l’état alliés au faschisme, parce qu’ils établissent une hiérarchie des personnes selon leurs richesses/revenus, leur sexe ou leurs origines.
    J’ai voté Mélenchon au premier tour—bien que je l’avoue certaine de ses prises de position (d’homme blanc) m’ont fait quelquefois frémir—j’ai moins voté pour l’homme que pour le programme et le mouvement, la France Insoumise, qui me semblait porteur d’espoir dans la refonte des institutions et la réécriture des lois.
    Je pensais m’abstenir au second tour parce que je ne veux pas donner mon suffrage ni à l’un ni à l’autre de ces programmes de déliquescence de ce qui reste d’humanité à notre pays. Mais ces derniers jours je me suis surprise à souhaiter qu’assez d’autres votent Macron parce que j’ai idée qu’une victoire de Le Pen multiplierait exponentiellement l’impunité de la police et rendraient les mouvements de contestations et de rassemblements nécessaires à notre survie quasi impossibles.
    Définir et inventer des modes de résistance et de réhumanisation face au monde de la finance, la robotisation, l’exclusion de la majorité, l’exploitation du capital est un projet nécessaire, urgent et je crois (je l’espère), possible. Cela passe par une transformation individuelle et personnelle, cesser de rêver à/désirer la richesse produite par ce système et inventer des modes de survie pour que nous ayons tous assez, ensembles.
    Donc avec nausée je vais voter Macron (ayant participé à l’expérimentation d’un autre mode de suffrage de la primaire citoyenne ces deux candidats non “républicains” sont pour moi “à rejeter”) pour faire moi même le sale boulot que je pense nécessaire bien qu’habitant à l’étranger cela me coûte et me prendra la majeure partie de mon dimanche, 2h de train aller et retour jusqu’à la capitale et sans doute 2 heures de queue. Je respecte évidemment le choix de l’abstention et j’espère que Macron passera à un cheveu devant Le Pen, que la France du soir du second tour regarde en face le terrain raciste/xenophobe/sexiste sous nos pieds…

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  12. Julien

    Une présidence Le Pen ou Macron serait la même chose ? Je rêve ?
    Vous ne voyez aucune différence de valeurs entre les deux ? Entre celle qui a été porte-parole d’un négationniste-pétainiste et un homme qui se dit au centre de l’échiquier politique ?
    Vous n’avez jamais entendu parler du concept de consensus ? Malgré ce que vous en pensez, une majorité des Français vote pour le maintien du système, aussi nocif soit-il. Je suis contre ce système, tout comme vous.
    Mais quand ce sont les valeurs essentielles qui sont en jeu, je n’ai aucun remords à affirmer que je préfère un Macron a une Le Pen. Et à voter comme la majorité. Pour affirmer que non, il ne faut pas montrer que le FN peut faire 45 ou 46% des voix à une élection majeure.
    Et cela ne m’empêchera pas d’ouvrir la gueule dès le 8 mai contre la politique qui sera menée par Macron…

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  13. amélia banks

    ça fait du bien !
    je ne vote pas, ce depuis des années en accord avec mes convictions politiques qui réfutent à la démocratie la possibilité d’^etre représentative. bref.. cette année, comme aux régionales mais en ++ parce que tu comprends, les présidentielles, c’est un peu la coupe du monde de la politique, j’ai énormément parcouru internet à la recherche de mes souvenirs dans les mots des autres, parce que j’ai été littéralement intoxiquée par la propagande massive partout où je cherchais des infos.
    ‘ai fini par trouver une semaine avant le premier tour et ça m’a grandement soulagée. et puis et arrivé le résultat du premier tour et le grand manège de la “finale” a commencé avec culpabilisation, hargne, faux débats etc… et je trouve enfin dans votre texte un peu de paix. à la lecture, les souvenirs remontent. la présidentielle de 2007, horrible, sarkozy qui draine le programme et les élécteurs frontistes dans un large mouvement effrayant, et moi avec pleins d’autres, dans différents collectifs militants, on s’est sacrément bougé les fesses pour tracter, discuter, se réunir, réagir, pour hurler partout que sarkozy c’était le pen en petit et brun. mais là gros foirage quanf il a été élu. je ne votais déja plus, histoire d’étique politique personnelle, ça ne m’a pas emp^echée de voir ce qui s’est passé. les six premiers mois de la présidence sarkozyste (et sous gouvernement fillon steuplé) ont été une éprouvante avalanche de lois liberticidees, racistes, ultralibérales, et autour de moi des actions policières ciblées sur les groupes d’extreme gauche, acharnement et discrédit, les “islamogauchistes’, les”anarchotonomes”, julien coupat, ça a tapé sur les militant-e-s bien fort et très vite en m^eme temps que les lois tombaient sur les t^etes. tranquille. 5 ans à en chier. 5 ans à voir les plus précaires sur paupérisés, les sans papiers sacrifiés, les roms stigmatisés (avant vals, oui oui) c’était il y a 10 ans qu’il fallait faire barrage les copains. vos larmes et cris de rage, si méprisants par ailleurs, ne me feront plus croire une seconde que c’est MA faute. j’ai passé ma vie à combattre ce dont vous me soupçonnez d’^etre l’allié objectif, je me suis réveillée avant vous, et contrairement à vous, je ne me rendormirais pas pour 5 ans en laissant les clés de ma vie à des mauvais comédiens de la politique show

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  14. Ilko

    Le pire c’est la procrastination… 2002 …2007…2012 2017…2022…20…..
    “Ce débat vicié doit et peut être, maintenant, radicalement dénoncé, contesté dans ses termes. L’alternative entre Macron et Le Pen est le symptôme le plus éclatant de la perversion profonde du système capitaliste d’aujourd’hui, dans sa forme néo-libérale. Nous ne devons pas nous résoudre à ce que « gouvernance » soit désormais, dans tout le continent européen, et au-delà, synonyme de «chantage». Cette imposture doit être maintenant, aujourd’hui, dénoncée et ramenée à ses causes.”
    Dimitris Alexakis
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2017/04/29/face-au-chantage-a-propos-du-7-mai-2017/

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  15. Herve Hum

    Voter l’un pour contrer l’autre est voter pour l’un et l’autre, car c’est donner sa légitimité. Sachant que la légalité dépend de la légitimité pour pouvoir s’imposer avec l’accord du plus grand nombre, il est clair qu’un élu ou élue ne disposant que de la légalité, pourra pas facilement imposer son dictat. Le système étant ce qu’il est, avec ses contraintes, agiter le spectre de la dictature façon Hitler est ridicule. MLP, ne fera pas plus ni moins que Macron.

    Juste une remarque toutefois, pourquoi l’abstention plutôt que le vote nul ?

    L’abstention est présenté comme un désintérêt, une résignation et sans doute un peu de colère, mais pas comme un opposition.

    Cela, parce que manifester son opposition est le propre du vote nul et blanc.

    L’abstention ne touche donc pas à la légitimité de la personne élu(e), seul le vote nul et blanc contestent la légitimité.

    Autrement dit, d’un coté vous manifesté votre opposition aux deux protagonistes, mais en vous abstenant, ne contestez pas la seule chose qui vous est permis de contester, soit, leur légitimité.

    Méditez donc sur cela

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    1. Paige Auteur de l’article

      Merci mais non merci : je préfère rester au lit Dimanche prochain. Même le vote blanc serait de trop. Je suis trop écoeuré par ce système pour lui accorder tant d’importance. C’est trop tard.

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    2. Christophe

      Herve Hum

      “Le système étant ce qu’il est, avec ses contraintes, agiter le spectre de la dictature façon Hitler est ridicule. MLP, ne fera pas plus ni moins que Macron.”

      J’aimerais y croire. Comme j’aimerais encore croire au Père Noel. Mais je permets quand même de douter. Comme pour l’existence du Père Noel.
      Il y a eu des régimes autoritaires dans un certain nombre de pays européens, mais nous, nous serions immunisés, sous prétexte de, de quoi d’ailleurs, de la protection que nous confère les “contraintes”, la Constitution et les contre pouvoirs, toutes choses dont le FN veut se débarasser ?

      Ambrosia

      “Mais une chose est sûre, si je vote Blanc, je serais de tous les combats, de toutes les oppositions pour le quinquennat à venir.
      Tandis que si je vote Macron et qu’il passe, vais-je pouvoir m’opposer à celui que j’ai élu ?”

      Oui (réponse à la dernière question). Car même sous Sarkozy on pouvait manifester, s’opposer. D’ailleurs il n’est plus la. La France l’a degagé.

      En ce qui concerne les combats à venir si MLP est élue, puis gouverne le pays avec une assemblée majoritaire, je dis bonne chance pour aller manifester dans la rue après ce qu’elle a dit hier sur ce type de désordres qui ne se reproduira plus sous son gouvernement. Il n’y aura pas que les CRS (qui seront majoritairement membres du FN dans le futur) pour aller casser les manifestations…

      S’il se produit une crise comme celle de 2008 avec le FN aux manettes, avec en prime des attentats, je n’ose imaginer la situation sous un état d’urgence instauré par un regime d’extrème droite. Et que l’on ne me parle pas de l’état d’urgence actuel, c’est un pique nique à côté de celui qui nous attend.

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  16. Ambrosia

    Bonjour,
    j’ai vraiment beaucoup apprécié votre petit papier.
    C’est vrai qu’il est terriblement difficile de faire entendre ce genre de discours actuellement.
    C’est une analyse tout à fait légitime selon moi mais qui ne tient que très peu face à la peur des gens. Mais une peur sans analyse (cqfd).

    Je ne voterai pas Le Pen. C’est juste impensable pour moi.
    Mais alors deux choix : Macron ou Blanc.
    Je ne reviendrai pas sur le choix Macron et tout ce qu’il représente, je partage entièrement vos idées.
    Mais du coup, c’est moi le méchant ?
    Allons, allons, je vais tenter de ne pas succomber aux sirènes (d’alarme bien sûr) qui m’entourent.
    Une amie m’a dit : “si jamais tu votes blanc et que Le Pen passe, tu te sentirais comment ?”
    Je lui ai répondu : “mal”. Mais certainement pas à cause de moi.
    Mais une chose est sûre, si je vote Blanc, je serais de tous les combats, de toutes les oppositions pour le quinquennat à venir.
    Tandis que si je vote Macron et qu’il passe, vais-je pouvoir m’opposer à celui que j’ai élu ? Je crois que non, malheureusement. Je me serai vendu donc je n’aurais plus qu’à baisser la tête et à subir.

    J’ai voté contre Le Pen il y a 3 quinquennats de cela et j’ai eu quoi comme résultat ? L’utilisation du 49-3 par des socialistes !
    J’ai sauvé la démocratie il y a 15 ans ?
    Ou ai-je permis au totalitarisme d’avoir davantage de légitimité tout en me gratifiant à l’époque d’une mention honorable ?
    C’est l’histoire de la grenouille que l’on trempe dans l’eau chaude tout en augmentant le thermostat petit à petit. Chut, elle ne se rend compte de rien.
    On y est.
    On va être bientôt cuit à point.

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    1. Paige Auteur de l’article

      Bonjour,
      Vous n’êtes ni méchants, ni irresponsable, ni responsable, ni coupable. Je pense que l’histoire aurait été différente si l’on acceptait de voir que tout ne nous est pas tombé dessus d’un seul coup mais surtout si on avait veillé à exposer le tournant réactionnaire, raciste et sexiste dans lequel nous nous trouvons. Bon courage à vous et à nous tous.

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    2. stripes

      Ou ai-je permis au totalitarisme d’avoir davantage de légitimité tout en me gratifiant à l’époque d’une mention honorable ?
      je ne m’étais pas rendu compte que je vivais dans un état totalitaire ! comme à Prague 68, Santiago 73, Buenos aires, et tant d’autres. installons MLP et nous comprendrons vite ce que c’est un régime d’extrême droite.
      Même si je partage globalement votre point de vue .

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