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La colère, le sang et la perte

J’ai écrit cet article pour les blessés, les meurtris, les apeurés et les affaiblis. Et je n’ai pas à m’excuser des erreurs des autres. Juste à pleurer de rage les tourments de notre époque.

       D’abord, on apprend le drame. Comme en Janvier 2015, on cesse toute activité immédiatement tant la nouvelle nous glace le sang et fige tous nos muscles. On se passe de toute réflexion, de tout ce qui pourrait empêcher la communication entre le cœur et l’esprit pour se concentrer sur ce qui vient de se briser à l’intérieur. On allume sa télévision, on lâche son téléphone portable et on attend. Et l’info continue nous drogue.

            Pourvu qu’il ne se soit rien passé. Que ce soit juste un accident. Quelque chose de banal. Quelque chose qui n’ait aucune conséquence. Un pétard qui a fait trop de bruit ou un accident comme on en voit toutes les nuits. Pourvu qu’il n’y ait pas de morts. Pourvu qu’ils s’en sortent.

            La nouvelle tombe. L’horreur est revenue. Elle avait frappé la veille à Beyrouth, chez les arabes, aussi divers et différents qu’ils soient. On s’en fichait royalement. Comme d’habitude. Le moyen orient, même s’il obsède les patriotes à deux balles, même s’il fascine parfois les plus paumés de chez nous et même s’il abrite une poignée de tortionnaires amis de nos présidents bien occidentaux, c’est quand même loin sur la carte. Mais là, on sent le rapprochement.

            Pourvu que ce ne soit pas un carnage. Pourvu qu’on retrouve que des survivants. Pourvu que le plan meurtrier ait échoué. Pourvu que les médias fournissent un travail de qualité. Pourvu qu’ils soient tous en sécurité. Pourvu qu’on se réveille à tant.

            J’étais de ceux qui ont alterné les pleurs et les cris, la douleur et la rage. J’étais de ceux qui auraient pu se trouver sur les lieux, qui ont vibré dans des concerts de rock, qui ont dîné ou bu un verre en terrasse, qui ont marché dans les rues de Paris dans la sérénité. J’étais de ceux qui ne comprenaient pas, qui se demandaient « pourquoi » et qui ne voulaient pas voir de photos, entendre des témoignages, lire des messages de haine. Et puis deux mois plus tard, je suis revenu à moi, la page se tournait difficilement, avec une écornure comme pour me dire que je ne pouvais éviter ce passage dans ma vie. Dans nos vies.

La violence

           Rien ne saurait justifier l’horreur d’un attentat. Même si je ne trie pas mes larmes parce que je considère que chaque vie compte et dois compter pour toujours, je dois avouer que plus les attentats se rapprochent de nous et plus l’avenir me paraît incertain. Le danger est imminent, les rues ne sont plus sûres. La suspicion est revenue même si on a le droit à des remarques blessantes mais qu’on mettra sur le compte d’une émotion encore trop vive. On se dit que la sagesse, c’est de tolérer, en surface, temporairement, le refus des poignées de main et de la discussion, parce que des gens sont en colère. On a rien fait, on est pas plus responsables de ce que des assassins commettent mais il paraît qu’on leur ressemble, qu’on soit à peine basané, musulman convaincu, hésitant ou pratiquant, banlieusard, fan de rap ou de blues et qu’on devrait laisser passer un deuil qui nous exclu, au nom de l’unité nationale. Inutile de leur rappeler qu’on est tous concernés parce qu’il paraît qu’on a voulu toucher en priorité ces gens-là plutôt que d’autres. Et il y aura toujours un beauf pour nous dire que si les terroristes voulaient vraiment tuer du musulman, ils auraient choisit Barbès… Comme si une communauté était particulièrement épargnée. Inutile également de leur rappeler que l’attentat de Saint Denis qui a échoué allait toucher la France dans sa plus grande diversité : celle qui est noire, celle qui est arabe, celle qui est blanche, celle qui est asiatique, celle qui est croyante, celle qui est athée, celle qui aime le foot, celle qui aime accompagner ceux qui aiment le foot, celle qui se force à aimer le foot le temps d’un match…

            Comme en janvier, on est quelque chose. Cette fois, on est Paris. Dans l’émotion suscitée par la violence, on ne pond que des slogans. Nulle question de se demander ce qu’on a bien pu être avant de devenir Paris ou Charlie. Alors, j’ai décidé que je serai plus que jamais moi même plutôt que d’être ce qu’on attend de moi comme si cela coulait de source ou comme si je leur devais bien. S’indigner qu’on ne soit pas Charlie ou Paris ou s’indigner que d’autres préfèrent être Beyrouth ou Gaza, c’est le début de la fin. Crier haut et fort qu’on est un slogan, pointer du doigt ceux qui ne sont pas « comme nous », se lancer dans un recensement statistique, profiler les infidèles du camp du bien, c’est le début du fascisme. En ce qui me concerne, je refuse de céder au piège d’être « quelque chose » juste pour rassurer la planète entière de la pureté de mon âme ou de rentrer dans un moule. Et surtout, je refuse de me tromper, de crier à la planète entière « #jesuisenterrasse », car c’est là la plus grosse arnaque possible : les terroristes se foutent de qui est en terrasse, qui boit un mojito en écoutant Rihanna ou qui partage un repas dans un restaurant huppé. Ils tuent des civils innocents parce qu’ils sont dans une logique meurtrière parce qu’ils sont animés par un esprit de vengeance qui leur a rongé l’âme et rien d’autre.

            Au delà des slogans, on a réussi à créer un tout petit peu de réflexion. Pas toujours la meilleure. La France est en guerre, dit-on. Le temps d’endormir les masses, on parlera de guerre de civilisation. Le fantôme du 11 Septembre et ses thèses néoconservatrices qui ont massacré des populations innocentes sont toujours là, comme des ombres. Charlie Hebdo confirme la pensée, avec une caricature qui montre un homme buvant un coup sous la mention « ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne », qui me rappelle étrangement la sinistrement célèbre chanson de Michel Sardou où il était question d’opposer la culture française, vivante et avancée, face à la culture arabe, arriérée et insipide et donc tellement inférieure. Qu’est-ce qu’ils ont, à part le pétrole, disait-il. Je suis tenté de lui répondre : tellement de choses, si tu savais !

            Il suffit que quelques personnalités politiques reprennent le thème, que quelques intellectuels suivent et le concept est installé : les terroristes sont venus tuer la civilisation française, celle qui boit, danse, dîne en terrasse, aime les concerts de Rock, le foot, bref la vie. Et que ceux qui ne se reconnaissent pas dans cet art de vivre comprennent immédiatement à quel camp ils appartiennent. Vous serez avec nous ou contre nous. Certains, généralement marqués à gauche d’ailleurs, ne se cachent plus pour utiliser une rhétorique proche de celle des néoconservateurs américains en déclarant que si les terroristes ne voulaient pas s’en prendre à la France et ce qu’elle symboliserait (la frivolité, les droits de l’Homme, la laïcité, etc…), ils auraient pu s’en prendre à l’Etat en s’attaquant directement à l’Elysée. Comme si s’attaquer à un gouvernement dont l’impopularité n’est plus à prouver est comparable avec une attaque qui cible des civils qui ne bénéficient pas de la protection dont peuvent bénéficier les personnalités politiques.

            Que l’on pense la civilisation française comme celle du « bon vivre », du loisir et d’une certaine frivolité ne me gêne pas. Mais en faire la seule civilisation du « bon vivre » relève du mensonge crasseux qui déshumanise également ceux qui ne suivent pas le modèle. D’ailleurs, il serait bien de rappeler que bon nombre de Syriens ou d’Irakiens aimeraient, eux aussi, boire un verre en terrasse ou assister à un concert s’ils ne subissaient pas des frappes bien occidentales, que leur terre n’était pas soumise à la violence continuellement… Et oui, contrairement au dessin misogyne qui a circulé sur les réseaux sociaux, nos bombes ne sont pas sexuelles mais bel et bien meurtrières. Elles tuent. Elles démolissent des vies dans des écoles, des hôpitaux et des lieux de culte mais provoquent moins d’émotions que lorsque des terroristes démolissent des œuvres d’art ou égorgent leurs semblables. Et ce sont à cause de nos frappes qu’on finit par se faire zigouiller en plein Paris. Précisons également aux ignorants qui ont décidé d’ignorer nos bombes, nos drones et nos frappes, que 2015 est une très bonne année en France étant donnée qu’on a explosé les records de vente d’armes… pas toujours avec des clients exemptés de tout soupçon.

            On veut toujours nous parler de guerre de civilisation ? D’accord. A condition de tout reprendre depuis le début. La guerre de civilisation dont on nous parle, serait celle initiée par Daesh contre la démocratie, l’occident et tout ce qui ne leur ressemble pas. Sauf que, à l’origine, c’est un concept pensé et inventé en occident et pas ailleurs. La guerre de civilisation, si elle existe vraiment, elle a commencé quand on a envahi l’Irak, violé des gamines, enfermé des civils dans des prisons, bombardé des villages et des ports au nom des droits de l’homme, du féminisme et j’en passe… Et quand on abordait la question du mensonge sur les armes de destruction massive et qu’on évoquait le pillage du pétrole, tous nos grands stratèges en carton nous répliquait que c’était faux, fantasmé, délirant. 13 ans plus tard, quand on nous dit que Daesh vit du business du pétrole, c’est assez « drôle » de voir que ceux qui réfutaient toute existence du pétrole avant l’invasion américaine finissent par accepter cette information maintenant sans la questionner.

            Aujourd’hui, on s’est alignés sur la politique américaine de l’ère George W Bush quand l’Amérique cherche, timidement au passage, à s’en sortir. Sur le sujet, je ne pardonnerai jamais à Sarkozy & Hollande leur suivisme, leurs amitiés douteuses avec les pétromonarchies du golf et leur complexe de ne pas avoir fait partie de l’axe du bien lors de l’invasion américaine en 2003. Et pourquoi au final ? Pour rien de bien. Pour bombarder des peuples qui ne nous ont strictement rien fait, dont les leaders (Hussein, Khadafi, Assad, etc…) ont soit financé ou sympatisé certains de nos dirigeants, s’attiser la haine et la rancœur, interférer dans des conflits qui ne nous regardent pas et perdre nos proches dans des massacres comme ceux du 13 Novembre.

On fait quoi maintenant ?

Rien. On a vu le résultat décevant des perquisitions qui n’ont pas apporté de résultats. On a eu le droit au défilé interminables de prêcheurs de haine dont la tv raffole (Finkielkraut, Onfray, Geoffroy Lejeune, etc…). La gauche propose la déchéance de nationalité pour les Binationaux. Bravo ! Quel est le rapport ? Aucun. Comme si cela importait pour les terroristes. Comme si cela allait les retenir dans leur folie. Mais, par contre, précariser la nationalité française, par contre, ça fera augmenter le ressentiment, les tensions et compliquera le fameux « vivre ensemble » qu’on utilise pour faire complexer les plus faibles d’entre nous.

De hors sujets en hors sujets.

Premier hors sujet au lendemain des attentats : la laïcité. Je ne saisis toujours pas le rapport. Comme si la France n’était pas assez laïque, ou trop laxiste, ou trop tolérante et que si la laïcité aurait été plus appliquée (et je ne vois pas trop comment on pourrait s’y prendre), il y aurait eu moins ou pas d’attentats. Pour information, la Syrie et l’Irak, que cela nous plaise ou non, étaient dirigées par des leaders laïques. La question de la laïcité n’est juste qu’une diversion, un thème récurrent qu’on utilise pour taper sur des coupables bien désignés, des ennemis de l’intérieur. Nous ne sommes pas attaqués par manque de laïcité mais pour d’autres raisons (et je précise qu’expliquer ne justifie en rien l’attentat). Au lendemain des attaques contre Charlie Hebdo, on a eu le droit à des tables rondes sur la laïcité en présence de personnalités comme Inna Shevchenko, la leader des Femen dont le mouvement considère la laïcité comme le fait de tolérer l’intolérable (bouh la religion, c’est de la merde), dont l’expertise en la matière reste à prouver.

Deuxième hors sujet, les « minorités visibles » mais bien utilisées. Je parle ici de personnes comme Lydia Guirous ou Zineb El Rhazaoui qui, un jour, se rendront compte que leur seule utilité aura été de lire un prompteur pour servir un pouvoir qui n’a besoin d’elles que pour taper sur leurs semblables et qui s’en débarrassera une fois leur mission arrivée à terme. Si elles n’étaient pas ce qu’elles pensent avoir oublié, arabes et de culture musulmane, elles ne se seraient jamais hissées là où elles se trouvent maintenant. Ce sont des pions, des alibis, des personnes qui ne servent que pour s’éviter des accusations de racisme, mais en dehors de ça… elles sont impertinentes. Et puis, franchement, à part nous offrir des débats qui ressemblent à des combats de poules ou à des naufrages, quel est l’intérêt ? Où est la progression ? Qu’est-ce qui en ressort, à part le ridicule ?

Troisième hors sujet, la liberté d’expression. Non, je le dis et je le redis, la liberté d’expression « au sens traditionnel », n’est pas en danger. On peut être islamophobe, raciste, sexiste et s’en tirer très bien en France. On peut publier des UNES racoleuses, faire des documentaires aux sensations fortes sur nos obsessions bien françaises (voile, burqa, délinquance, excision, polygamie, etc…), être omniprésent sans craindre de s’attirer les foudres de l’état. Pire encore : la vraie liberté d’expression, celle qu’il faut défendre, c’est celle de faire des reportages qui ne soient pas censurés suite à des pressions de la part de multinationales qui veulent s’éviter des situations embarrassantes. Mais là, pas un mot de la part des plus grands défenseurs de la liberté d’expression qui l’ont résumée à taper sur l’Islam et les musulmans à coup de « oh mais on ne peut plus rien dire, de nos jours, c’est affreux ». Non, les gens, vous pouvez tout dire, tout le temps, sur tous les plateaux, dans toutes les stations de radio et le pire, dans tout ça, c’est que vous pensez incarner une espèce de résistance face au pouvoir musulman qui n’existe que dans vos fantasmes alors que penser que la parole est muselée en France est devenu une opinion quasi majoritaire. Badinter l’a dit: n’ayez pas peur d’être islamophobes!  Quant à la critique de l’Islam, sincèrement, si elle était interdite ou quasi-impossible, ça se saurait. On ne cesse de nous demander si l’Islam pouvait être critiqué et on vous le dit : allez-y ! Brûlez des drapeaux musulmans jugés salafistes (alors qu’ils ne le sont pas : reproduire la profession de foi islamique sur un drapeau n’en fait pas un drapeau salafiste, faudrait commencer à se cultiver sur la question), continuez les amalgames et le racolage. D’ailleurs, que n’a-t-on pas critiqué, dans l’Islam ? Qui ne s’y est pas donné, ne serait-ce qu’un petit peu ? Et que sont devenues les personnes qui ont critiqué l’Islam ? Ont-elles été boycottées, menacées dans leur emploi ? J’ai, quand même un message pour les modérateurs auto-proclamés de la liberté d’expression en France : du haut de votre perchoir, vous avez décidé de tout arbitrer en décidant de ce qui est raciste ou non à la place des concernés mais également de vous lancer dans un véritable lynchage de toute personne qui organise des meetings où vous n’avez pas votre place. Ca la fout mal pour les passionarias de la liberté d’expression.

Quatrième hors sujet : les mots et les réflexes haineux. Cessez de parler de Djihadisme si vous n’avez jamais lu le Coran. Cessez également de nous bassiner avec la civilisation judéo-chrétienne, ce fantasme qu’on utilise pour opposer la France « bien blanche » aux musulmans. Et puis, sincèrement, entendre parler de civilisation judéo-chrétienne dans un pays où on a persécuté des juifs il n’y a pas si longtemps que ça, relève du délire. Cessez également de prendre des airs de vierges effarouchées quand on parle de blancs, de noirs, d’arabes, etc… L’universalisme color blind, personne n’y croit plus. La preuve : on parle de déchéance de nationalité à tout le monde, y compris aux personnes racisées qui n’ont pas de double nationalité. Comme quoi les discours assimilationistes ne sont qu’une fumisterie : on sait très bien quand on a un racisé devant soit, ne nous prenez pas pour des imbéciles. Cessez également votre féminisme de circonstance, celui qui transforme les plus antiféministes en combattants de la dignité des femmes à chaque fois que l’oppression patriarcale vient de personnes « arabes ». Oui, je fais références aux viols de Cologne où certain(e)s n’ont rien trouvé d’autre à faire que de parler de choc des civilisations. Parce que des arabes violent des femmes blanches, vous sentez la terre trembler ? Vous profitez sans baisser les yeux d’un acte d’une violence ignoble pour asseoir vos théories de choc des civilisations ? Mauvaise nouvelle pour vous : le viol, malheureusement, en 2016, n’a pas attendu Cologne pour exister. On viole à Rio, New York, Casablanca, Paris, Londres, Buenos Aires, Sydney et Osaka de la même façon : en brisant une femme par la brutalité. Et dire que l’Islam est la raison de ces viols est aussi stupide et mensonger que de dire que marcher sur le sable en portant des faux cils peut entrainer le cancer des poumons. Mais, je doute que ces féministes en carton qui ont cédé à la tentation raciste (et pour le coup, vraiment complotiste !) partagent la même indignité lorsqu’elles apprennent que leurs frères « bien blancs et bien de chez elles » violent des gosses en République Centrafricaine, des femmes de ménages noires ou excellent dans le tourisme sexuel dans les pays du tiers monde. On attend toujours que vous vous désolidarisiez ! Comment ça, “nous n’avons rien à voir avec ces barbares” ? Ah, vous trouvez cette injonction ignoble ? Bravo, vous commencez à comprendre. Ou du moins, vous êtes sur le chemin. Au passage, si des violeurs qui se trouvent être musulmans « violent des occidentales au nom de l’Islam », doit-on en déduire que des violeurs qui se trouvent être fonctionnaires français ou de simples citoyens français (au sens traditionnel, comprenez « de race blanche ») violent au nom de la France et donc des français et donc en votre nom ? Vous trouvez ça bidon, bête, sans rapport ? Parfait. Comprenez notre indignité quand on engage toute une religion ou tout un pays alors qu’on agit individuellement.

Cinquième hors sujet : l’islam. Oui parce que répéter à longueur de temps « ah si, ça a tout à voir avec l’Islam » alors qu’on a rien dit sur des guerres où le christianisme a aussi été utilisé, prouve le parti prit de certaines personnes. Oui, des personnes rejoignent les rangs de l’Etat Islamique pour décapiter, tuer, massacrer. Oui, ces personnes sont musulmanes, fraichement converties pour la plupart et assez isolées dans leur islamité d’après ce qui est rapporté. Et alors ? Vous voulez vraiment entretenir la psychose ? Quand un mec viole ou tabasse une femme, au nom de sa virilité toute puissante, nous impose-t-on des débats interminables culpabilisateurs pour tous les hommes avec des non concernés ? Pour en arriver à quelle conclusion ? Et pourquoi quand, des musulmans, comme les Kurdes par exemple, mènent des combats nobles « au nom de l’Islam », on leur ôte leur islamité ? Pourquoi, quand des musulmans accueillent des persécutés, chrétiens ou non d’ailleurs, ne reconnaît-on pas le rôle positif de l’Islam pour une fois ? Pourquoi nier l’implication de l’Islam quand quelque chose de bénéfique à tous et à toutes en sort mais mettre le paquet quand ça débouche sur des attentats ? Pourquoi nous gaver de votre obsession sur le voile à chaque fois qu’une tragédie nous frappe en plein coeur ? Vous rendez vous compte que cela nourrit un ressentiment ? Que cela fait accroitre la suspicion ? Et, pour quoi, au final ? Pour rien. Inutile et blessant. Cessez également votre dernière lubie, la cause des chrétiens d’Orient, qui ne trahit que votre préférence solidaire. Vous êtes universalistes ou non…

Sixième hors sujet : les causes bidons. Parler du rôle de Starbucks ou McDo dans le terrorisme est d’une imbécillité sans nom. A croire qu’on retarde le moment où les gens iront se documenter, consulter les archives de wikileaks, revoir les débats, étudier la création de l’EI. C’est vraiment nous mépriser que de proposer ce type d’analyses. Il serait beaucoup plus intéressant de présenter la vérité sur la création de Daesh, son financement, son intérêt pour certains pays de la région mais surtout notre implication dans le conflit. Faudrait également, avec toutes les informations dont on dispose sur le conflit, qu’on pense à parler sérieusement de notre politique étrangère. Qu’on arrête un peu les danses du ventre avec l’Arabie Saoudite, qu’on veille plutôt à avoir des relations plus saines avec l’Iran, qu’on discute réellement de la Syrie et de l’Irak sans se lancer dans des débats sans rapport, qu’on réfléchisse également à une façon de ne plus faire de la politique intrusive et à laisser les peuples décider de leur destin. Et qu’on réfléchisse aux conséquences de l’Etat d’Urgence et qu’on réfléchisse à la culture de violence dans laquelle on baigne du matin au soir. Ca aussi, c’est devenu “typiquement français”…

J’étais de ceux qui étaient choqués en 2001, en 2003 et toutes les années qui ont suivi. A chaque attentat. En parlant avec mes amis du Liban, je m’estimais heureux de vivre sur une terre qui ne connaisse aucune guerre et où, malgré les difficultés du quotidien qui, hélas, sont devenues ordinaire, il était possible de vivre. De sortir sans craindre pour sa vie. De monter dans un bus ou un métro le cœur léger. Maintenant, on se demande si chaque instant n’est pas un danger potentiel.

J’ai revu les photos des personnes qui ont perdu la vie. Majoritairement jeunes. Ces turcs, français, tunisiens, syriens, irakiens, burkinabés. Ces gens-là n’ont peut être jamais soutenu la moindre intervention militaire, ont vécu dans la joie et l’insouciance alors qu’on bombardait et qu’on préparait des guerres. Ils ont payé le prix de leur vie. Alors qu’on aurait largement pu éviter cela.

En Novembre, j’écrivais que je voulais juste dormir, pour fuir la réalité et me faire incarcérer dans un rêve. Un beau rêve. Là où ils seraient tous encore en vie, une dernière fois. Aujourd’hui, avec la spirale dans laquelle nous nous sommes engouffrés, la colère que j’éprouve envers nos dirigeants et nos médias en quête de sensations fortes, je n’arrive même plus à rêver d’eux.

PS : Je n’ai jamais été Charlie et je ne le serai probablement jamais. En revanche, je suis solidaire de toutes les personnes qui ont perdu la vie ainsi que leurs proches, qu’elles soient victimes d’attentats, de guerres civiles ou de guerres maquillées comme des actes destinés à apporter de la lumière dans l’obscurité. Parce que nos morts = leurs morts = la mort de l’humanité, sans distinction.

Marche pour la dignité, Blantriarcat offensé

IMG_0022Dans Souffrances & Bonheur du Chrétien, Mauriac disait que “lorsque la réalité ne fournit pas au jaloux de quoi nourrir sa jalousie, il imagine, il invente”. Autant dire que cette citation s’impose pour résumer les réactions post Marche de la dignité. Impossible d’apporter une critique censée, fondée sur des arguments percutants pour analyser cette marche et son succès. Certes, il n’est pas surprenant de voir des rorchons réacs’ comme Valeurs Actuelles taxer cette marche de communautariste.  C’est le réflexe premier d’un blantriarcat paniqué devant la force d’un front qui refuse le silence et la soumission. Dans ce cas là, tout est bon à prendre pour rassurer les dominants. Il est juste regrettable que les personnes opposées à la Marche aient un argumentaire creux, une prétention sans borne mais aussi recours à des mensonges. On dit que “le monde n’est pas tombé bas mais que ce sont les hommes qui se complaisent dans la bassesse” et, hélas, les trois “opposants” à la marche de la dignité, se complaisent tellement dans la bassesse que cela ruine leurs thèses et rend quasiment nul leur argumentaire.

La première voix du Blantriarcat a s’être exprimée est celle de Véronique Genest. Pour dire quoi ? Rien de bien intellectuel, comme d’habitude. Elle conteste à la fois le nombre de manifestants et prétend que la Marche de la dignité était, “à moitié anti Israël”… ? Sur quelle base ? Aucune. D’où tire-t-elle ses informations ? Nul le sait. Mais c’est avec plaisir qu’on constate que la rage et le mensonge sont deux principaux traits chez les frustrés du Blantriarcat : quand on veut discréditer un évènement ou une lutte, il faut frapper là où ça fait mal, quitte à mentir effrontément, tant que ça conforte les dominants et accable les dominés. Cela dit, avoir Véronique Genest comme l’une des voix de l’anti marche de la dignité, c’est sans doute le plus beau révélateur du niveau intellectuel et idéologique du “camp d’en face”.

 

Capture d’écran 2015-11-07 à 22.02.21La Deuxième voix du Blantriarcat a s’être exprimée n’est pas une voix tout à fait blanche. Enfin, si. Puis, non. A vrai dire, Ahmed Meguini est un fantasme sur pattes du blantriarcat. Il est le produit fini de l’assimilationisme conquérant puisque lui, arabe à priori né musulman est devenu un fier patriote athée laïque (forcément, dans le blantriarcat, l’athéisme mène évidement à la laïcité, cet humanisme grandiose hérité des lumières et tout le blabla…). En plus, si on regarde bien son bras, il s’est fait tatouer #JeSuisCharlie, acte assez pathétique et puéril à mon sens mais qui doit probablement émouvoir “les gens d’en face”. Ce tatouage, c’est son label rouge, ou plutôt label bleu-blanc-rouge, un témoignage sincère destiné à rassurer ses amis blancs sur le mode d’un “je suis un arabe mais, voyez mon tatouage que j’exhibe en même temps que mon verre de vin, voyez-y la marque de mon intégration à vos valeurs, moi, l’arabe athée #jesuischarlie, qui n’a rien à voir avec les autres”. Par conséquent, un tel individu ne pouvait qu’être l’alibi idéal de ceux qu’il défend qui pourront disqualifier toute accusation de racisme en même temps pour qu’ils pourront utiliser un tel personnage pour faire avancer leurs thèses. Meguini, dans le paysage médiatique, c’est surtout la combinaison de trois casquettes qui n’ont d’intérêt que lorsqu’on les additionne : un arabe athée laïque. Il ne peut être intéressant et utile à la classe qu’il sert qu’en étant ces trois choses simultanément. En effet, un français athée et laïque, ça sert beaucoup moins l’assimilationisme neo-colonial qu’un arabe athée et laïque. Dans un article reprit par le Huffington Post, le pseudo rebeu subversif ose un comparatif entre la manifestation du 11 Janvier et la marche de la dignité. Le rapport ? Aucun. C’est sûr que quand on a Charlie dans la peau, on ne peut s’empêcher de tout ramener au 11 Janvier! Dès le départ, il discrédite cette marche car il y aurait vu “des associations communautaires musulmanes”. Oui et alors ? Bizarrement, le simple fait de voir des associations communautaires musulmane discrédite une marche ? Un peu raciste, non ? Passons. Meguini a vu des “des pro-Palestine composée d’antisémites notoires”. Vraiment ? Si les antisémites pro-Palestine sont notoires, qu’il donne des noms, qu’on puisse prévenir les juifs et juives révolutionnaires ou l’union juive française pour la Paix du danger qu’ils ont courru! Mais ça, on ne le saura pas en lisant cet article car avec Meguini, comme avec d’autres, l’accusation vaut la condamnation. Bien évidement, il critique la présence du PIR avec une punchline aussi fracassante que ridicule en parlant de “ceux qui ont choisi de s’autoproclamer le PIR (Parti des Indigènes de la République) avec pour slogan, ça ne s’invente pas, “le PIR est à venir”“. Analyse de type zéro pointé, passons. Il mentionne également “des femmes militant pour le port du voile”, ce vêtement que tout arabe musulman devenu athée a horreur tant elle lui rappellent son background religieux. Pour finir, il mentionne “une association dite “anti-négrophobie”“. Sur ce dernier point, j’ignore si Meguini parle d’anti négrophobie en utilisant des guillemets car soit il conteste  la sincérité de l’antiracisme de cette association ou s’il conteste ce terme de négrophobie (oui, le blantriarcat adore les guéguerres sématiques, rien de nouveau, hélas!). C’est une vraie question car, certaines personnes, sous prétexte d’être issues d’un groupe “non blanc” mais “voisin” d’un autre groupe non blanc se pensent experts et légitimes à parler de tout ce qui n’est pas blanc. Pour le coup, Méguini qui n’est pas noir mais arabe et donc ne subit pas la négrophobie qui est bien réelle, se permet de mépriser une lutte sans le moindre état d’âme en la disqualifiant en parlant d’association “dite “anti-négrophobie”. Amis du mépris, bonjour! C’est là l’essence du système blantriarcal dans ce qu’il a de plus violent et de plus confiscatoire : décréter pour les autres ce qui est réel ou non, prioritaire ou non, pertinent ou non sans jamais se rendre compte de son ingérence dans des oppressions qui ne le concernent pas en tant que victime; du haut de sa prétention, on pense avoir les compétences et la légitimité pour penser à la place des noir-e-s ce qui est négrophobe ou non sans jamais voir dans cette démarche tout le mépris de  race que cela trahit en discréditant une lutte. A ce rythme là, on aura peut être le droit, qui sait, à une déclaration farfelue du type “d’après nos recherches, le concept de négrophobie a été inventée par Malcolm X et Audrey Lorde pour empêcher toute critique des noirs” car on a que trop l’habitude de ces intellectuels de salon qui puisent leurs thèses dans les mythes et les délires les plus fous.

Après s’être perdu dans une description qui accable à peu près tout le monde (sans jamais mentionner la présence d’associations comme l’UJFP, le collectif Mwasi, des juifs et juives révolutionnaires, Solidarité Femmes Kobané, la voix des Rroms, etc… mais pour faire croire à une manifestation  100% islamiste), Meguini rentre enfin dans le vif du sujet. La marche aurait “manqué cruellement” de dignité. Pourquoi ? Parce que “ces associations ne dénoncent pas la violence, elles sont la violence et elles s’assoient bien volontiers sur la dignité. Elles s’en prennent délibérément à un symbole de l’Etat, de la République, avec la complicité de partis politique qui voient là l’occasion de faire leur marché pré-électoral”. Bouh, le chantage à la République, épisode 798! Lui qui parle, pour qualifier les manifestants, de génération “ouin ouin”, est, pour le coup, à fond dans le “ouin ouin”. C’est du “ouin ouin” bien ficelé, qui se veut moralisateur et culpabilisant mais qui est pathétique. La dignité, c’est ce qui manque quand on ignore et disqualifie tout un groupe en le désignant comme s’en prenant à un symbole de l’état après l’avoir déformé et jugé comme antisémite, islamiste, communautariste, etc… Le “ouin, ouin”, c’est pas le mot d’ordre de la Marche dont l’objectif n’était pas de quémander une quelconque dignité mais d’affirmer la sienne face à une oppression d’état. Mais ça, Meguini, ne l’entend pas. Inutile de lui citer la longue liste de victimes de crimes policiers, du harcèlement policier ou des politiques racistes et impérialistes. Lui, “arabe & athée”, n’y voit que des “forces réactionnaires, contre l’esprit des Lumières et de la Révolution française”. Comme Bougrab ou Zemmour, Meguini aime les chocs des civilisations à l’intérieur de la civilisation; il aime l’affrontement entre cette République qu’il idéalise à l’extrême et au delà de tout soupçon (probablement parce qu’elle ne lui a jamais été injuste et c’est tant mieux pour lui) contre des gens qui manqueraient cruellement de dignité. Une question s’impose : la dignité, c’est de s’opposer à des oppressions systémiques en marchant pacifiquement dans Paris quitte à prendre des risques par les temps qui courent ou servir les dominants en crachant sur ses semblables à coups d’arguments creux et en faisant ce que tous les réacs’ se complaisent à faire, c’est à dire dispenser un pseudo cours d’Histoire très sommaire sur “Les Lumières” avec une référence insipide comme si les Marcheurs n’étaient pas au courant de cet évènement historique et pour leur clouer le bec ? Pourquoi ce réflexe presque maladif de citer la “Révolution Française” (sans plus de détails…) pour neutraliser chaque expression d’une voix qui va à contre sens de l’ordre établi? Etrangement, Meguini appartient au camp de ceux qui disent à longueur de journée que l’ l’islamophobie n’est pas un racisme mais une technique mise au point pour stopper net toute critique de l’Islam alors qu’en réalité, il est celui qui a recours à la référence à “la grande époque” d’une histoire de france ultra fantasmée pour mettre un terme à toute critique de l’Etat. Il n’est donc pas surprenant qu’une personne qui soit si révérencieuse vis à vis de l’Etat ait beaucoup de mal à accepter les critiques. Mais j’imagine qu’un tatouage #JeSuisCharlie doit donner des ailes et doit probablement constituer un gage de qualité et de légitimité à déterminer qui est légitime à critiquer ou à être critiqué. Ah, la liberté d’expression et le camp #JeSuisCharlie… Une belle arnaque.

“Quand un homme politique marche derrière un communautariste, un intégriste, il en fait un prince, quand un média important lui donne parole, il en fait un Dieu aux yeux de ses pairs. Partout des usines à fabriquer des monstres sont à l’œuvre, dans une cadence sans cesse augmentée par la menace du procès en islamophobie.“. Alors, soyons bien clairs : que des hommes politiques flattent un certain communatarisme et/ou une communauté, ça se fait depuis la nuit des temps. Nos hommes politiques sont capables de serrer la main à des militants des droits de l’homme tout en serrant la main d’ambassadeurs de régimes pas vraiment portés sur ces mêmes droits. Mais il y a une nette différence entre serrer la main d’un “communautariste” et le pouvoir qu’on va lui donner. D’ailleurs, les organisations présentes lors de la Marche, qui leur a serré la main et ouvert les portes du pouvoir ? Personne. Quant à parler des médias, très sincèrement, quand on voit le vide médiatique qu’a connu cette marche dont très peu de médias ont parlé, il serait sage de s’abstenir d’écrire de telles inepties. Pour ce qui est de “la menace du procès en islamophobie“, cher Meguini, sachez que cette menace est aussi forte que celle des Kebabs sur l’avenir de la gastronomie française. Car, oui, en 2015, on peut parfaitement être islamophobe, faire carrière dessus, se promener de plateau TV en plateau TV, se déclarer islamophobe, publier des UNES islamophobes, des articles islamophobes, alimenter des fantasmes sur l’Islam et le grand remplacement sans finir sur une liste noire. Mieux encore : on pourra être soutenu, conserver son emploi, se découvrir de grands noms de la culture française comme premiers fans et ne jamais craindre le moindre ostracisme. Et malheureusement, les noms ne manquent pas pour appuyer cet argument…

Comme tous les réacs de son époque (Finkielkraut, Onfray, Zemmour, Polony, Bastié, etc…) mais aussi cette génération à laquelle il crache son venin condescendant et enrichi en mensonges, Meguini pleure. Il pleure, après avoir regretté un certain passé, loin de ce présent et de cette génération “qui n’en finit plus de pleurer tels des enfants capricieux, qui exigent tout et qui ne donneront jamais rien”. Et oui, lutter contre la précarité, le racisme, les violences policières, l’apartheid pour reprendre les termes de Valls, pour Meguini, cela relève du caprice. Lui qui s’est assimilé  “jusque dans sa chair” et se trouve à présent de l’autre côté, avec “les gens d’en face” comme je les appelle, il aimerait lui aussi, à son tour, jouir du privilège de classe qui nie la douleur des petites gens, leur exclusion et balaie d’un revers de la main tatouée, l’expression de leur dignité qu’il disqualifie lorsqu’il tombe dans un rare mépris essentialiste en écrivant : “Ils attendent le bec ouvert qu’on y jette un emploi précaire. Ils se comportent comme si l’Éducation Nationale les avait contraints à se déscolariser et qu’un dealer leur avait planté de force un joint dans la bouche.” Ouais, connards de manifestants, tous des incultes, des sans diplômes, des sans dents, des sans instructions qui osent attendre encore qu’on leur trouve du boulot (de merde, en plus!) alors qu’ils fument tous des joints! Je ne peux m’empêcher de rapprocher cette phrase d’une autre phrase, prononcée par une certaine Marie Antoinette, autre figure du fameux siècle des lumières, qui, voyant le peuple affamé, aurait déclaré : “Ils n’ont pas de pain? Qu’ils mangent de la brioche!”. C’est là tout ce qu’il y a de plus nauséabond dans la parole Meguini : ça essentialise tout un groupe qu’on doit diaboliser coûte que coûte car il est hors de question qu’ils aient raison. C’est comme du Finkielkraut sauf que là, c’est un arabe, un bon arabe athée et patriote comme il se définit, qui n’est jamais vu sur le terrain, dans les quartiers populaires mais il est arabe et ça, ça suffit largement pour prétendre au titre d’expert sur la question comme on se satisfaisait lors de la loi sur le voile de l’opinion d’une Iranienne comme Chahdortt Djavann. La famille des victimes de violences policières appréciera les mots de l’humaniste bobo, qui n’a que des leçons creuses et sans aucune finalité à donner et qui lèvent surtout le voile sur son mépris de ceux qui, quoiqu’il fasse ou écrive, restent ses semblables.

Ahmed Meguini, merci pour ce moment : c’est toujours un plaisir de voir jusqu’où vont les laquais du Blantriarcat pour montrer patte blanche. Et c’est un plaisir encore plus grand quand on les voit, un jour, abandonnés, presque blacklistés, une fois qu’ils ne servent plus les intérêts de ceux qui les ont promus. A part un tatouage #JeSuisCharlie, qu’adviendra-t-il de cette personne ?

Toujours dans le registre des opposants à la Marche de la Dignité, on trouve également Christine Le Doaré. Une fois de plus, côté « personnalité de choc » et « caution humaniste », on a affaire à du très très bas de gamme. C’est pire que Véronique Genest et à peu près aussi dangereux pour pour la paix que Meguini. Le Doaré, c’est avant tout l’antiracisme niais, le féminisme discount, mais aussi le recours à des associations de concepts accablant et les amalgames d’une simplicité d’esprit telle qu’on se demande le temps de réflexion qu’il lui faut pour cracher de telles ignominies sur son blog où elle déclare vouloir “abolir la haine”… alors que la haine habite ses articles. Pour elle, l’appel à la Marche de la dignité était tentant. Oui mais non. Premièrement, personne ne lui a demandé son avis et deuxièmement, elle n’était pas la bienvenue.

Dès le départ, Le Doaré réfute l’idée d’un racisme d’état. « NON, n’y a pas de racisme d’état en France, il y a indéniablement du racisme, un racisme culturel et social, aussi des bavures policières, mais l’état ne les cautionne pas, même s’il pourrait toujours s’investir de manière plus efficiente. ». Pour une femme blanche qui n’a jamais souffert dans sa chair du racisme, il n’est pas étonnant qu’elle disqualifie cette notion de racisme d’état parce qu’elle ne peut penser l’espace d’un instant que le racisme soit téléguidé par le haut car “nous ne sommes pas ni aux USA, ni ailleurs, mais bien en République française laïque”. Argument percutant, s’il en fallait un! En réalité, le racisme d’état que Christine Le Doaré refuse de voir, c’est le racisme qui a coule depuis l’état, traverse des institutions pour finir par atteindre les populations concernées et cela, en toute légalité, au nom de combats plus ou moins dignes (lutte contre le sexisme, lutte contre le communautarisme, au nom du sacro saint “vivre-ensemble”, de la laïcité, etc…). Sans être d’une incroyable naïveté, il me semble que les lois refusant aux étudiantes voilées de se rendre à l’école, aux mères voilées d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire ou d’être assistantes maternelles, mais aussi les consignes concernant le contrôle d’identité dans la rue ou les aéroports, la création de frontex sans parler des tests ADN dans le cadre de regroupements familiaux, viennent de l’Etat, non? On est pas aux USA, certes, et ce n’est pas un argument en soi, mais l’impunité pour les crimes policiers, rebaptisés “bavures policières” – appréciez l’euphémisme -, ce n’est pas rare. Quand à l’idée que le racisme d’état ne pourrait pas exister car nous sommes “en République française laïque”… Qu’on cherche le rapport avec la laïcité et qu’on me l’explique.

En bonne donneuse de leçons qui s’étouffe à la vue d’une marche qui ne répond pas à ses critères d’antiraciste de canapé, elle s’indigne “que des groupes organisateurs et leur cortège dans la Marche, ne sont pas tant préoccupés par le racisme”. Pourtant, il semble que la majorité des cortèges dénonçaient des racismes malheureusement divers et variés. Il me semble même que la plupart des associations présentes et soutenant la marche ont toutes en commun la lutte contre le racisme. Peu importe, pour elle, ces associations ne seraient uniquement intéressées que par “ce qu’ils appellent  »islamophobie », aussi, la cause palestinienne et un rejet de l’occident et de ses valeurs”. Comme d’habitude, le Blantriarcat et la négation de l’islamophobie qu’on place entre guillemets, histoire de bien réfuter ce racisme. Fatiguant. Quant à la cause Palestinienne et le rejet de l’occident et de ses valeurs, de quoi parle-t-on ? A moins que pour Christine Le Doaré, rejeter le racisme, le sexisme et les violences perpétués au nom de l’Etat (impérialisme, colonialisme, contrôle des corps, etc…) soit un rejet des valeurs de l’occident ?! Merci pour le coming out! Et donc dans ce cas, autant être clair : oui, ces “valeurs” fondées sur un racisme pur, on en veut pas. Qui en voudrait d’ailleurs ?

Mais Le Doaré ne s’arrête pas dans les mensonges. Comme Véronique Genest, elle n’était pas présente sur les lieux mais a entendu parler d’ “’appels à la haine contre les FEMEN, contre CHARLIE, contre la laïcité, contre un prétendu lobby juif”. Une fois de plus, on accuse, on accable,  sans preuve ou justifications, sans témoignage et sans avoir été sur le terrain… et c’est écrit par une juriste, quand même. Qu’on nous apporte une seule preuve d’appel à la haine contre ce qui est cité plus haut, juste une seule!  Elle ne s’arrête pas en si bon chemin lorsqu’elle va jusqu’à se demander “comment marcher au milieu de drapeaux et mots d’ordre antisémites qui vont bien au-delà des appels au boycott d’Israël, soutien à peine voilé au terrorisme islamique du Hamas, à l’ »Intifada des couteaux » ?”. Cette question mérite une réponse claire et complète. Premièrement, aucune photo, aucun témoignage d’une personne présente ne peut corroborer l’idée d’un drapeau ou de mots d’ordres antisémites. A moins qu’un drapeau palestinien soit d’ordre antisémite et là, c’est vraiment du délire. Les seules personnes qui ont prétendu avoir entendu des insultes antisémites ont été démasquées car elles ont prétendu entendre des slogans antisémites lors de la Marche une semaine avant sa date. On est dans le pur fantasme, la pure diffamation. Deuxièmement, un appel au boycott est un appel au boycott. Certains y voient un moyen de pénaliser un état sur sa politique, d’autres y voient un moyen de pénaliser des entreprises, d’autres y voient une démarche 100 % compatible avec une lutte anti-coloniale, etc… Dire qu’il cache à peine un soutien à peine voilé au terrorisme, c’est aussi intelligent et défendable que de dire que l’appel au boycott des produits coca cola produits en Colombie (CSC) cache à un soutien à peine voilé aux FARC ou encore aux narco-trafiquants. Certes, le boycott tel que BDS l’envisage ne peut que bénéficier aux Palestiniens mais  le diaboliser tel que le fait Le Doaré, en revanche, en dit long sur son soutien au désastre humanitaire et politique en Palestine dont est responsable le gouvernement Israélien.

Il convient, avant d’expliquer le reste de la loghorée narcissique et mensongère de Christine Le Doaré, de se pencher sur son cas. Bien que se présentant avec toutes les qualités du monde (féministe, progressiste, anti raciste, etc…), il faut savoir qu’elle est très éloignée de ce qui est généralement porté par les termes “féministe”, “anti raciste” et “progressiste” et porte un regard absolument narcissique sur son vécu et son expérience. Humaniste ? A vous de juger à partir de ce florilège :

  • Elle a la prétention de décider du haut de son fauteuil qui est féministe ou pas selon ses propres critères. Au nom de quelle expérience ou reconnaissance dans le milieu féministe ? Aucune.
  • Elle adore taxer d’islamo-gauchiste toute personne qui se refuse à donner dans le “muslim bashing”, que ce soit en “temps normal” ou aux lendemain des attentats de Janvier tout donnant dans le color blind de base (“Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ?”),
  • Dans le registre Muslim Bashing mêlé à la sauce sexiste, elle est l’une des rares personnes en France qui a osé reprendre une certaine Nadine Morano qui s’indignait sur Facebook de la présence d’une femme voilée à la plage. Au lieu de condamner un tel geste qui transpire l’intolérance, Christine Le Doaré a saisi cette occasion pour soutenir implicitement celle dont la haine des réfugiés et l’amour de la race blanche n’est plus à prouver. J’avoue avoir trouvé délicieux de lire, sous la plume de Mme Le Doaré, que “la laïcité ne consiste pas à entraver la liberté de culte” pour lire quelques lignes plus tard “ersonnellement, je tolère les religions tant qu’elles restent dans la sphère privée”. Pas surprenant d’apprendre que cette femme soutienne sans ambigüité une initiative aussi débile que contreproductive que la journée sans voile.
  • Elle est à l’origine de l’affiche de la marche des fiertés de 2011 qui transpirait l’homonationalisme. Sa réponse ? Toujours aussi agressive : ceux qui ne sont pas d’accord avec elle sont des “ayatollah de l’intérieur” (la référence à l’Islam est récurrente chez elle, comme chez la plupart des Islamophobes qui doivent probablement croire à la responsabilité des musulmans dans le réchauffement climatique ou l’augmentation du prix des cigarettes) et elle ne voit nulle part le racisme, trouve cela exagéré…
  • Gaza ? Bof. Elle préfère fustiger des féministes engagées pour la paix et contre la colonisation sans jamais donner leur nom. S’agissait-il de Gloria Steinem, Even Ensler, Judith Butler, Sherry Wolf, Angela Davis, Naomi Wolf, Robin Morgan, Alice Walker, Amy Goodman ? On ne saura jamais. Le tout, bien entendu, dans un ramassis de raccourcis inutiles, en parlant de thèmes hors sujets pour faire diversion comme “l’esclavage musulman qui a saigné l’Afrique noire (et qui) n’est que rarement mentionné et pourtant, une recherche sur Internet permet en quelques clics, d’en mesurer l’ampleur” (“LOL” pour la recherche sur internet) tout en contribuant à cette idée on ne peut plus paternaliste d’une ville de Gaza manipulée par son élite politique et tout le blabla…
  • Son féminisme ? Un féminisme narcissique qui ne reconnait pas les autres féminismes, ce qui est un comble quand on prétend vouloir défendre les minorités. Bien entendu, pour vendre son féminisme, il faut caricaturer les autres féminismes, à commencer par mentir sans se retenir sur les manifestations du 8 Mars 2014 comme elle l’a fait pour la Marche de La dignité où elle n’y est pas allée de main morte. Heureusement que ses mensonges ont été tous démontés avec brio par Joao Gabriel.
  • Lorsque Fréderique Calendra décide de blacklister des féministes “pas assez Charlie”, Christine le Doaré se solidarise. Zut alors! Et moi qui pensais que réduire au silence, exclure, marginaliser, c’était l’arme de la domination masculine… Ah moins que certaines ne voient aucun mal à se battre contre une domination pour après, en dominer d’autres et reproduire le même schéma ?

Vous comprendrez que quiconque connait la “pensée Le Doaré” trouve absolument malvenu mais néanmoins hilarant qu’elle trouve quand même des choses à redire, entre ses mensonges et ses négations de la réalité. Elle se demande “Comment accepter que Voltuan, soit bousculé parce que sur sa pancarte était écrit « All lives matters » et cautionner ainsi ce violent rejet de l’universalisme ?” et il faudrait juste l’instruire sur l’arnaque de “All Lives Matter” comme si nous rejetions l’idée que toutes les vies avaient de l’importance. Avant toute chose, cette arnaque est en réponse au mouvement “Black Lives Matter” qui, excusez notre colère, a connu peu d’échos de la part des antiracistes niais qui, dans le meilleur des cas, se sont contentés d’en parler en déplorant avec retenue la condition des noirs aux USA (sans jamais questionner celle bien de chez nous, qu’ils soient en métropole ou ailleurs). “Black Lives Matter” est plus qu’un slogan, c’est un mouvement de dignité. Et voir un homme blanc sorti de nulle part avec sa pancarte “All Lives Matter” récupérer un mouvement pour s’y assurer lui aussi une place de victime, c’est inapproprié et offensant. Cela coupe court à toute discussion et dérive la problématique du racisme contre les noirs vers une problématique hors sujet sensée rassembler toutes les vies sous la bannière d’un universalisme de pacotille. Ce serait exactement comme voir un cortège féministe sous la pancarte “Non aux violences faites aux femmes” contré par un cortège dont la pancarte serait “Non à toutes les violences”. C’est inutile, méprisant et intellectuellement trompeur. C’est un dérivé du racisme anti-blanc qui n’existe que dans la tête de ceux et celles qui se cherchent un statut de victime. Précisions quand même que le mouvement “Black Lives Matter” s’est constitué à la suite de crimes policiers systémiques aux USA, commis par des blancs sur des noirs. Il est donc insupportable de voir des non concerné-e-s, généralement non solidaires, récupérer une lutte et une problématique pour se l’approprier. Il est donc normal qu’une pancarte “All Lives Matter” soit écartée de la Marche de la dignité car sa seule présence signifie à la fois un refus de prise en compte de la spécificité de l’oppression subie par les noir-e-s mais aussi un refus de la part du blantriarcat de voir ses nombreux privilèges que jamais les noir-e-s ne pourront connaitre. Quant à l’universalisme… Parlons-en! Quoi de plus violent que l’universalisme ? Parce que, en réalité, s’il y a bien quelque chose de profondément violent, c’est cette tendance à imposer le reflet de ses “réussites” et de les présenter comme étant universelles et donc comme ayant vocation à se répendre partout sur terre. L’universalisme, surtout dans la bouche de celles et ceux qui usent et abusent de ce concept, c’est ni plus ni moins qu’un outil de domination au service de personnes qui ne peuvent s’empêcher de se voir comme étant la référence unique qui doit être reproduite à la perfection et qui ne peuvent s’empêcher de décider de l’agendas des “autres”. Mais ça, Christine le Doaré qui se refuse à voir la couleur (contrairement à certains agents immobiliers, policiers, recruteurs et, ô surprise, personnalités politiques qui voient très bien les différences de pigmentation…), ne le comprend pas et ne le comprendra probablement jamais.

Elle se demande “dans quelle mesure les groupes féministes et LGBT qui cautionnent cette idéologique politique sont-ils conscients de conforter le sexisme et l’homophobie d’un communautarisme sectaire ?” . Du grand art. Donc la présence de groupes féministes et LGBT appuie des idées sexistes et homophobes de groupes communautaristes séctaires ? L’accusation est lourde car elle vise la présence des groupes féministes et LGBT avec lesquels elle ne s’interdit aucun paternalisme mais laisse penser qu’il figurait des groupes communautaristes et sectaires qui sont d’emblée sexistes et homophobes. Je ne me rappelle pas avoir vu le Temple du Soleil ou avoir constaté la présence de David Miscavige sur place! Plus sérieusement, je trouve absolument délirant de taxer de sexisme et d’homophobie des associations sans jamais les nommer, ni prouver ce qui est sexiste et homophobe… surtout venant de la part d’une femme qui, sur twitter et ailleurs, fait régulièrement preuve d’un racisme décomplexé quand elle ne marche pas avec des personnes irréprochables. Ci-dessous, une brève compilation des moments de gloire de Christine le Doaré:

Christine and the Queens ? Non. Par contre Christine & le péril islamique à la sauce grand remplacement, oui!

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe1

Christine et la religion comparée : oh non, non, c’est une moquerie, n’y voyez aucun mépris, voyons.

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe3

Christine joue les trolls religiophobes. Mais puisqu’elle dit vouloir le bien de l’humanité… Imaginez juste une caricature inversée avec des croyants envoyant tous les athées sur une autre planète… Vous comprenez ?

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe2

Et Christine Le Doaré qui ne voit pas les couleurs, est contre le racisme (il parait…) mais retweete sans complexe des gens aux thèses assez… claires et racistes.

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe5 Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe4

Elle qui s’insurge contre la Marche, parce qu’elle pense bêtement et simplement le problème du racisme comme problème social sans y voir la trace de l’Etat, sans même s’aperçevoir de son racisme et de la haine qu’elle vomit en permanence sur internet à un rythme encore plus soutenu depuis qu’elle n’est plus présidence du centre LGBT ferait mieux de contrôler ses pulsions haineuses. Elle qui s’identifie comme féministe, produit un des clichés les plus connus de l’anti-féminisme mais cette fois sur la question de la lutte contre le racisme en parlant “d’esprit de vengeance” exactement comme lorsqu’on méprise le combat pour l’égalité des femmes qu’on caricature en guerre des sexes à l’arrière goût revanchard. Pire encore, elle parle “de division et de haine, au point de compromettre à tout jamais, toute possibilité de vivre ensemble”. Encore une fois, un fantasme utilisé pour faire culpabiliser sur le dos du plat concept qu’est le vivre ensemble. Doit-on lui rappeler son statut posté sur Facebook mais aussi son article dans lequel elle semble pleurer sa France d’autrefois, qui a tant changé, où “dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que kasher et/ou israélites. Comme en écho au radicalisme musulman, un radicalisme judaïque se développe” (!) et où elle explique que “aujourd’hui, le ramadan est quasiment obligatoire, dans beaucoup de cantines, on mange hallal, dans beaucoup de piscines il y a des créneaux mixtes et non mixtes, etc.” ? Et ce n’est pourtant pas du Zemmour! Quant au vivre ensemble, évitons de convoquer cette notion vide de sens comme si elle n’était liée qu’à la volonté ou au manque de volonté de ceux et celles qu’elles incrimine. Vivre ensemble, c’est uniquement valable quand on a les moyens financiers de circuler et d’aller habiter là où on peut vivre dignement, là où les écoles ne pratiquent pas des politiques de séparatisme social absolument scandaleuses, où on peut avoir accès à un mode de vie décent. Il ne suffit donc pas de la vouloir pour le pouvoir et convoquer cet argument témoigne, une fois de plus, d’une ignorance des réalités de terrain affligeante. Ne venez pas parler de vivre ensemble à des populations qui connaissent des humiliations quasi quotidiennes que vous ne connaitrez jamais alors que vous êtes la première à pleurer leur présence et leur “manque de discrétion”. Et surtout, du fond du coeur, qui a envie de vivre avec quelqu’un comme Christine Le Doaré ?

Bien entendu, comme toutes les personnes qui se sont retenues de participer à cette marche alors qu’elles n’ont, heureusement, jamais été conviées ni mêmes sollicitées, ce qui serait un comble, Christine Le Doaré ne peut terminer son article sans mentionner des noms à faire froid dans le dos : Houria Bouteldja, Médine, Tariq Ramadan, etc… Il ne manquait plus que Ben Laden! Mais elle mentionne également Angela Davis, qui est à l’origine de l’appel pour la Marche, la qualifiant, au passage de Pro Voile et Pro Prostitution (sans preuves, comme d’habitude…) et réduisant son existence à “la cause noire aux USA”… Plus de 40 ans de militantisme, des livres traduits dans des quinzaines de langues, des conférences aux 4 coins du monde, des réflexions sur les oppressions de classe, de genre, de race, sur le capitalisme, le système carcéral, les prisonniers politiques et le black feminism mais Angela Davis, dans l’esprit bien étroit de Christine Le Doaré, n’est qu’une militante pro voile et pro prostitution et de la “cause noire” (tiens, là, on voit les couleurs!). Rappelons juste que ne pas avoir une haine épidermique du voile et ne pas être une abolitionniste de la prostitution n’est en rien signe de rattachement à une position pro voile et pro prostitution. Quant à dire que Angela Davis “a pourtant cautionné Elridge Cleaver et les autres militants noirs qui revendiquaient tout de même : «La libération de l’homme noir passe par le viol des femmes blanches »”, c’est un mensonge que seules celles gagnées par la haine peuvent oser. Quand on veut convaincre, on ne s’interdit rien. Au diable les fondements, l’éthique, les sources et les réflexions! Qu’on nous apporte une preuve de qu’avance Le Doaré, à la fois sur Cleaver mais aussi sur les “autres militants noirs” qu’elle semble être la seule a connaitre ainsi que le soutien apporté par Angela Davis. Là tout de suite, j’ai la citation de Michel Audiard qui me vient en tête  : “Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît!”.  Petite remarque : Le Doaré appartient à la caste des athées religiophobes parce que d’après elle, “rien n’a jamais été avéré, toute croyance relève de l’imaginaire”… Or, elle voudrait qu’on croit sur parole ses insinuations sans apporter la moindre preuve de ce qui est avancé tout au long de son article. Suis-je le seul à voir ici le paradoxe de son raisonnement ? Pour autant, si faire partie des black panthers signifie soutenir tout ce que leurs membres disent, pensent et ont envie de faire… alors Le Doaré a soutenu la Maire du XXème arrondissement qui elle même est socialiste comme un certain… DSK! Vous comprenez le raisonnement ? Pour info, si quelqu’un a un semblant de sources permettant d’appuyer les propos diffamatoires de Le Doaré au sujet de Angela Davis, on prend.

Comme cela a été répété à de nombreuses reprises, il est normal que cette marche ne trouve pas d’écho favorable au sein du blantriarcat, encore trop attaché à ses privilèges. Et tant mieux! Qui voudrait d’un soutien de personnes pour qui l’antiracisme consiste uniquement à décrier les insultes racistes les plus courantes et les plus caricaturales, à ne voir du racisme qu’à l’extrême droite tout en ignorant qu’il traverse la société et l’ensemble de l’échiquier politique ? Qui voudrait d’un antiracisme qui valide et soutienne des lois injustes, qui fasse la promotion d’un universalisme beauf où la seule finalité et le plaisir narcissique de voir et reconnaitre son reflet partout? Qui voudrait de soutiens émanant de personnes qui n’ont aucun scrupule à amalgamer ceux dont ils disqualifient les luttes sans jamais rien proposer à la place ou sans jamais aller à leur rencontre ni même sur le terrain? Qui voudrait de la présence à une marche de personnes incapables de construire un argumentaire rationnel qui ne soit pas basé sur des préjugés et des clichés? Qui voudrait d’un antiracisme niais, qui ne prenne jamais en considération à qui bénéficie le racisme, qui ne veuille jamais reconnaitre la responsabilité du haut sur le sort des gens d’en bas, qui ne comprenne pas que le racisme n’est qu’un rappel d’un colonialisme encore présent et qui se refuse, au nom de valeurs non identifiées à regarder les couleurs droit dans les yeux? Qui voudrait de soutiens qui viennent de personnes qui n’ont que le chantage au patriotisme, la référence à la Révolution Française et aux Lumières comme si ça allait de soi, comme argument ? Qui voudrait le soutien de personnes au complexe de supériorité énorme, qui n’ont rien en commun avec les principaux concernés, qui attendent d’eux qu’ils acceptent toutes les critiques possibles et imaginables mais qui refusent catégoriquement qu’on pointe du doigts leurs failles, leurs défauts, leurs faiblesses et leur tendance à travestir la vérité au maximum ? Qui voudrait d’un antiracisme qui n’est jamais sur le terrain mais qui sait tout ce qui s’y passe et s’autorise donc le droit de parler “au nom de” sans respecter la dignité ou l’agenda des premier-e-s concerné-e-s ? Qui voudrait le soutien de personnes qui refusent de voir qu’ils parlent depuis un poste de privilégiés, qui s’exprime avec dédain et qui pensent que leur parole et LA parole surtout quand le sujet ne les affecte pas directement mais qui pensent avoir quand même une opinion pertinente ? Qui voudrait du soutien de personnes qui se taisent sur l’impérialisme, se font rares lorsque des questions identitaires blanches sont sur la table et utilisées à des fins éléctorales et n’ont jamais questionné les rapports de domination nord-sud ? Qui voudrait du soutien de personnalités qui n’ont jamais été reconnues dans les milieux qu’ils et elles prétendent reconnaitre, non pas pour des petites controverses mais pour des opinions politiques qui sont à l’opposé d’un front anti raciste, décolonial et anti sexiste ? Qui veut du soutien de personnes qui ne trouvent rien à redire lorsque l’état envoie un gamin de 8 ans au commissariat pour apologie du terrorisme et qui en même temps ne sourcillent même pas lorsque Devilliers glorifie la colonisation qui est un crime contre l’humanité ? Qui ? Personne. Que ce soit avant, pendant ou après, personne ne veut de votre soutien. Gardez-le pour vous, entre vous. Et puis vos considérations sur la dignité, quand on sait de quoi sont nourris vos réflexions et qu’on lit la haine qui ronge vos claviers… Non Merci! La seule ombre au tableau, c’est de savoir que ces luttes historiques vont bénéficier à beaucoup de monde, y compris celles et ceux qui, du haut de leur aigreur, sont les premier-e-s à les vomir. Fanon disait que la grande confrontation ne pourra être indéfiniment reportée… Il avait raison, Fanon.