Archives par étiquette : Michel Onfray

Marche pour la dignité, Blantriarcat offensé

IMG_0022Dans Souffrances & Bonheur du Chrétien, Mauriac disait que “lorsque la réalité ne fournit pas au jaloux de quoi nourrir sa jalousie, il imagine, il invente”. Autant dire que cette citation s’impose pour résumer les réactions post Marche de la dignité. Impossible d’apporter une critique censée, fondée sur des arguments percutants pour analyser cette marche et son succès. Certes, il n’est pas surprenant de voir des rorchons réacs’ comme Valeurs Actuelles taxer cette marche de communautariste.  C’est le réflexe premier d’un blantriarcat paniqué devant la force d’un front qui refuse le silence et la soumission. Dans ce cas là, tout est bon à prendre pour rassurer les dominants. Il est juste regrettable que les personnes opposées à la Marche aient un argumentaire creux, une prétention sans borne mais aussi recours à des mensonges. On dit que “le monde n’est pas tombé bas mais que ce sont les hommes qui se complaisent dans la bassesse” et, hélas, les trois “opposants” à la marche de la dignité, se complaisent tellement dans la bassesse que cela ruine leurs thèses et rend quasiment nul leur argumentaire.

La première voix du Blantriarcat a s’être exprimée est celle de Véronique Genest. Pour dire quoi ? Rien de bien intellectuel, comme d’habitude. Elle conteste à la fois le nombre de manifestants et prétend que la Marche de la dignité était, “à moitié anti Israël”… ? Sur quelle base ? Aucune. D’où tire-t-elle ses informations ? Nul le sait. Mais c’est avec plaisir qu’on constate que la rage et le mensonge sont deux principaux traits chez les frustrés du Blantriarcat : quand on veut discréditer un évènement ou une lutte, il faut frapper là où ça fait mal, quitte à mentir effrontément, tant que ça conforte les dominants et accable les dominés. Cela dit, avoir Véronique Genest comme l’une des voix de l’anti marche de la dignité, c’est sans doute le plus beau révélateur du niveau intellectuel et idéologique du “camp d’en face”.

 

Capture d’écran 2015-11-07 à 22.02.21La Deuxième voix du Blantriarcat a s’être exprimée n’est pas une voix tout à fait blanche. Enfin, si. Puis, non. A vrai dire, Ahmed Meguini est un fantasme sur pattes du blantriarcat. Il est le produit fini de l’assimilationisme conquérant puisque lui, arabe à priori né musulman est devenu un fier patriote athée laïque (forcément, dans le blantriarcat, l’athéisme mène évidement à la laïcité, cet humanisme grandiose hérité des lumières et tout le blabla…). En plus, si on regarde bien son bras, il s’est fait tatouer #JeSuisCharlie, acte assez pathétique et puéril à mon sens mais qui doit probablement émouvoir “les gens d’en face”. Ce tatouage, c’est son label rouge, ou plutôt label bleu-blanc-rouge, un témoignage sincère destiné à rassurer ses amis blancs sur le mode d’un “je suis un arabe mais, voyez mon tatouage que j’exhibe en même temps que mon verre de vin, voyez-y la marque de mon intégration à vos valeurs, moi, l’arabe athée #jesuischarlie, qui n’a rien à voir avec les autres”. Par conséquent, un tel individu ne pouvait qu’être l’alibi idéal de ceux qu’il défend qui pourront disqualifier toute accusation de racisme en même temps pour qu’ils pourront utiliser un tel personnage pour faire avancer leurs thèses. Meguini, dans le paysage médiatique, c’est surtout la combinaison de trois casquettes qui n’ont d’intérêt que lorsqu’on les additionne : un arabe athée laïque. Il ne peut être intéressant et utile à la classe qu’il sert qu’en étant ces trois choses simultanément. En effet, un français athée et laïque, ça sert beaucoup moins l’assimilationisme neo-colonial qu’un arabe athée et laïque. Dans un article reprit par le Huffington Post, le pseudo rebeu subversif ose un comparatif entre la manifestation du 11 Janvier et la marche de la dignité. Le rapport ? Aucun. C’est sûr que quand on a Charlie dans la peau, on ne peut s’empêcher de tout ramener au 11 Janvier! Dès le départ, il discrédite cette marche car il y aurait vu “des associations communautaires musulmanes”. Oui et alors ? Bizarrement, le simple fait de voir des associations communautaires musulmane discrédite une marche ? Un peu raciste, non ? Passons. Meguini a vu des “des pro-Palestine composée d’antisémites notoires”. Vraiment ? Si les antisémites pro-Palestine sont notoires, qu’il donne des noms, qu’on puisse prévenir les juifs et juives révolutionnaires ou l’union juive française pour la Paix du danger qu’ils ont courru! Mais ça, on ne le saura pas en lisant cet article car avec Meguini, comme avec d’autres, l’accusation vaut la condamnation. Bien évidement, il critique la présence du PIR avec une punchline aussi fracassante que ridicule en parlant de “ceux qui ont choisi de s’autoproclamer le PIR (Parti des Indigènes de la République) avec pour slogan, ça ne s’invente pas, “le PIR est à venir”“. Analyse de type zéro pointé, passons. Il mentionne également “des femmes militant pour le port du voile”, ce vêtement que tout arabe musulman devenu athée a horreur tant elle lui rappellent son background religieux. Pour finir, il mentionne “une association dite “anti-négrophobie”“. Sur ce dernier point, j’ignore si Meguini parle d’anti négrophobie en utilisant des guillemets car soit il conteste  la sincérité de l’antiracisme de cette association ou s’il conteste ce terme de négrophobie (oui, le blantriarcat adore les guéguerres sématiques, rien de nouveau, hélas!). C’est une vraie question car, certaines personnes, sous prétexte d’être issues d’un groupe “non blanc” mais “voisin” d’un autre groupe non blanc se pensent experts et légitimes à parler de tout ce qui n’est pas blanc. Pour le coup, Méguini qui n’est pas noir mais arabe et donc ne subit pas la négrophobie qui est bien réelle, se permet de mépriser une lutte sans le moindre état d’âme en la disqualifiant en parlant d’association “dite “anti-négrophobie”. Amis du mépris, bonjour! C’est là l’essence du système blantriarcal dans ce qu’il a de plus violent et de plus confiscatoire : décréter pour les autres ce qui est réel ou non, prioritaire ou non, pertinent ou non sans jamais se rendre compte de son ingérence dans des oppressions qui ne le concernent pas en tant que victime; du haut de sa prétention, on pense avoir les compétences et la légitimité pour penser à la place des noir-e-s ce qui est négrophobe ou non sans jamais voir dans cette démarche tout le mépris de  race que cela trahit en discréditant une lutte. A ce rythme là, on aura peut être le droit, qui sait, à une déclaration farfelue du type “d’après nos recherches, le concept de négrophobie a été inventée par Malcolm X et Audrey Lorde pour empêcher toute critique des noirs” car on a que trop l’habitude de ces intellectuels de salon qui puisent leurs thèses dans les mythes et les délires les plus fous.

Après s’être perdu dans une description qui accable à peu près tout le monde (sans jamais mentionner la présence d’associations comme l’UJFP, le collectif Mwasi, des juifs et juives révolutionnaires, Solidarité Femmes Kobané, la voix des Rroms, etc… mais pour faire croire à une manifestation  100% islamiste), Meguini rentre enfin dans le vif du sujet. La marche aurait “manqué cruellement” de dignité. Pourquoi ? Parce que “ces associations ne dénoncent pas la violence, elles sont la violence et elles s’assoient bien volontiers sur la dignité. Elles s’en prennent délibérément à un symbole de l’Etat, de la République, avec la complicité de partis politique qui voient là l’occasion de faire leur marché pré-électoral”. Bouh, le chantage à la République, épisode 798! Lui qui parle, pour qualifier les manifestants, de génération “ouin ouin”, est, pour le coup, à fond dans le “ouin ouin”. C’est du “ouin ouin” bien ficelé, qui se veut moralisateur et culpabilisant mais qui est pathétique. La dignité, c’est ce qui manque quand on ignore et disqualifie tout un groupe en le désignant comme s’en prenant à un symbole de l’état après l’avoir déformé et jugé comme antisémite, islamiste, communautariste, etc… Le “ouin, ouin”, c’est pas le mot d’ordre de la Marche dont l’objectif n’était pas de quémander une quelconque dignité mais d’affirmer la sienne face à une oppression d’état. Mais ça, Meguini, ne l’entend pas. Inutile de lui citer la longue liste de victimes de crimes policiers, du harcèlement policier ou des politiques racistes et impérialistes. Lui, “arabe & athée”, n’y voit que des “forces réactionnaires, contre l’esprit des Lumières et de la Révolution française”. Comme Bougrab ou Zemmour, Meguini aime les chocs des civilisations à l’intérieur de la civilisation; il aime l’affrontement entre cette République qu’il idéalise à l’extrême et au delà de tout soupçon (probablement parce qu’elle ne lui a jamais été injuste et c’est tant mieux pour lui) contre des gens qui manqueraient cruellement de dignité. Une question s’impose : la dignité, c’est de s’opposer à des oppressions systémiques en marchant pacifiquement dans Paris quitte à prendre des risques par les temps qui courent ou servir les dominants en crachant sur ses semblables à coups d’arguments creux et en faisant ce que tous les réacs’ se complaisent à faire, c’est à dire dispenser un pseudo cours d’Histoire très sommaire sur “Les Lumières” avec une référence insipide comme si les Marcheurs n’étaient pas au courant de cet évènement historique et pour leur clouer le bec ? Pourquoi ce réflexe presque maladif de citer la “Révolution Française” (sans plus de détails…) pour neutraliser chaque expression d’une voix qui va à contre sens de l’ordre établi? Etrangement, Meguini appartient au camp de ceux qui disent à longueur de journée que l’ l’islamophobie n’est pas un racisme mais une technique mise au point pour stopper net toute critique de l’Islam alors qu’en réalité, il est celui qui a recours à la référence à “la grande époque” d’une histoire de france ultra fantasmée pour mettre un terme à toute critique de l’Etat. Il n’est donc pas surprenant qu’une personne qui soit si révérencieuse vis à vis de l’Etat ait beaucoup de mal à accepter les critiques. Mais j’imagine qu’un tatouage #JeSuisCharlie doit donner des ailes et doit probablement constituer un gage de qualité et de légitimité à déterminer qui est légitime à critiquer ou à être critiqué. Ah, la liberté d’expression et le camp #JeSuisCharlie… Une belle arnaque.

“Quand un homme politique marche derrière un communautariste, un intégriste, il en fait un prince, quand un média important lui donne parole, il en fait un Dieu aux yeux de ses pairs. Partout des usines à fabriquer des monstres sont à l’œuvre, dans une cadence sans cesse augmentée par la menace du procès en islamophobie.“. Alors, soyons bien clairs : que des hommes politiques flattent un certain communatarisme et/ou une communauté, ça se fait depuis la nuit des temps. Nos hommes politiques sont capables de serrer la main à des militants des droits de l’homme tout en serrant la main d’ambassadeurs de régimes pas vraiment portés sur ces mêmes droits. Mais il y a une nette différence entre serrer la main d’un “communautariste” et le pouvoir qu’on va lui donner. D’ailleurs, les organisations présentes lors de la Marche, qui leur a serré la main et ouvert les portes du pouvoir ? Personne. Quant à parler des médias, très sincèrement, quand on voit le vide médiatique qu’a connu cette marche dont très peu de médias ont parlé, il serait sage de s’abstenir d’écrire de telles inepties. Pour ce qui est de “la menace du procès en islamophobie“, cher Meguini, sachez que cette menace est aussi forte que celle des Kebabs sur l’avenir de la gastronomie française. Car, oui, en 2015, on peut parfaitement être islamophobe, faire carrière dessus, se promener de plateau TV en plateau TV, se déclarer islamophobe, publier des UNES islamophobes, des articles islamophobes, alimenter des fantasmes sur l’Islam et le grand remplacement sans finir sur une liste noire. Mieux encore : on pourra être soutenu, conserver son emploi, se découvrir de grands noms de la culture française comme premiers fans et ne jamais craindre le moindre ostracisme. Et malheureusement, les noms ne manquent pas pour appuyer cet argument…

Comme tous les réacs de son époque (Finkielkraut, Onfray, Zemmour, Polony, Bastié, etc…) mais aussi cette génération à laquelle il crache son venin condescendant et enrichi en mensonges, Meguini pleure. Il pleure, après avoir regretté un certain passé, loin de ce présent et de cette génération “qui n’en finit plus de pleurer tels des enfants capricieux, qui exigent tout et qui ne donneront jamais rien”. Et oui, lutter contre la précarité, le racisme, les violences policières, l’apartheid pour reprendre les termes de Valls, pour Meguini, cela relève du caprice. Lui qui s’est assimilé  “jusque dans sa chair” et se trouve à présent de l’autre côté, avec “les gens d’en face” comme je les appelle, il aimerait lui aussi, à son tour, jouir du privilège de classe qui nie la douleur des petites gens, leur exclusion et balaie d’un revers de la main tatouée, l’expression de leur dignité qu’il disqualifie lorsqu’il tombe dans un rare mépris essentialiste en écrivant : “Ils attendent le bec ouvert qu’on y jette un emploi précaire. Ils se comportent comme si l’Éducation Nationale les avait contraints à se déscolariser et qu’un dealer leur avait planté de force un joint dans la bouche.” Ouais, connards de manifestants, tous des incultes, des sans diplômes, des sans dents, des sans instructions qui osent attendre encore qu’on leur trouve du boulot (de merde, en plus!) alors qu’ils fument tous des joints! Je ne peux m’empêcher de rapprocher cette phrase d’une autre phrase, prononcée par une certaine Marie Antoinette, autre figure du fameux siècle des lumières, qui, voyant le peuple affamé, aurait déclaré : “Ils n’ont pas de pain? Qu’ils mangent de la brioche!”. C’est là tout ce qu’il y a de plus nauséabond dans la parole Meguini : ça essentialise tout un groupe qu’on doit diaboliser coûte que coûte car il est hors de question qu’ils aient raison. C’est comme du Finkielkraut sauf que là, c’est un arabe, un bon arabe athée et patriote comme il se définit, qui n’est jamais vu sur le terrain, dans les quartiers populaires mais il est arabe et ça, ça suffit largement pour prétendre au titre d’expert sur la question comme on se satisfaisait lors de la loi sur le voile de l’opinion d’une Iranienne comme Chahdortt Djavann. La famille des victimes de violences policières appréciera les mots de l’humaniste bobo, qui n’a que des leçons creuses et sans aucune finalité à donner et qui lèvent surtout le voile sur son mépris de ceux qui, quoiqu’il fasse ou écrive, restent ses semblables.

Ahmed Meguini, merci pour ce moment : c’est toujours un plaisir de voir jusqu’où vont les laquais du Blantriarcat pour montrer patte blanche. Et c’est un plaisir encore plus grand quand on les voit, un jour, abandonnés, presque blacklistés, une fois qu’ils ne servent plus les intérêts de ceux qui les ont promus. A part un tatouage #JeSuisCharlie, qu’adviendra-t-il de cette personne ?

Toujours dans le registre des opposants à la Marche de la Dignité, on trouve également Christine Le Doaré. Une fois de plus, côté « personnalité de choc » et « caution humaniste », on a affaire à du très très bas de gamme. C’est pire que Véronique Genest et à peu près aussi dangereux pour pour la paix que Meguini. Le Doaré, c’est avant tout l’antiracisme niais, le féminisme discount, mais aussi le recours à des associations de concepts accablant et les amalgames d’une simplicité d’esprit telle qu’on se demande le temps de réflexion qu’il lui faut pour cracher de telles ignominies sur son blog où elle déclare vouloir “abolir la haine”… alors que la haine habite ses articles. Pour elle, l’appel à la Marche de la dignité était tentant. Oui mais non. Premièrement, personne ne lui a demandé son avis et deuxièmement, elle n’était pas la bienvenue.

Dès le départ, Le Doaré réfute l’idée d’un racisme d’état. « NON, n’y a pas de racisme d’état en France, il y a indéniablement du racisme, un racisme culturel et social, aussi des bavures policières, mais l’état ne les cautionne pas, même s’il pourrait toujours s’investir de manière plus efficiente. ». Pour une femme blanche qui n’a jamais souffert dans sa chair du racisme, il n’est pas étonnant qu’elle disqualifie cette notion de racisme d’état parce qu’elle ne peut penser l’espace d’un instant que le racisme soit téléguidé par le haut car “nous ne sommes pas ni aux USA, ni ailleurs, mais bien en République française laïque”. Argument percutant, s’il en fallait un! En réalité, le racisme d’état que Christine Le Doaré refuse de voir, c’est le racisme qui a coule depuis l’état, traverse des institutions pour finir par atteindre les populations concernées et cela, en toute légalité, au nom de combats plus ou moins dignes (lutte contre le sexisme, lutte contre le communautarisme, au nom du sacro saint “vivre-ensemble”, de la laïcité, etc…). Sans être d’une incroyable naïveté, il me semble que les lois refusant aux étudiantes voilées de se rendre à l’école, aux mères voilées d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire ou d’être assistantes maternelles, mais aussi les consignes concernant le contrôle d’identité dans la rue ou les aéroports, la création de frontex sans parler des tests ADN dans le cadre de regroupements familiaux, viennent de l’Etat, non? On est pas aux USA, certes, et ce n’est pas un argument en soi, mais l’impunité pour les crimes policiers, rebaptisés “bavures policières” – appréciez l’euphémisme -, ce n’est pas rare. Quand à l’idée que le racisme d’état ne pourrait pas exister car nous sommes “en République française laïque”… Qu’on cherche le rapport avec la laïcité et qu’on me l’explique.

En bonne donneuse de leçons qui s’étouffe à la vue d’une marche qui ne répond pas à ses critères d’antiraciste de canapé, elle s’indigne “que des groupes organisateurs et leur cortège dans la Marche, ne sont pas tant préoccupés par le racisme”. Pourtant, il semble que la majorité des cortèges dénonçaient des racismes malheureusement divers et variés. Il me semble même que la plupart des associations présentes et soutenant la marche ont toutes en commun la lutte contre le racisme. Peu importe, pour elle, ces associations ne seraient uniquement intéressées que par “ce qu’ils appellent  »islamophobie », aussi, la cause palestinienne et un rejet de l’occident et de ses valeurs”. Comme d’habitude, le Blantriarcat et la négation de l’islamophobie qu’on place entre guillemets, histoire de bien réfuter ce racisme. Fatiguant. Quant à la cause Palestinienne et le rejet de l’occident et de ses valeurs, de quoi parle-t-on ? A moins que pour Christine Le Doaré, rejeter le racisme, le sexisme et les violences perpétués au nom de l’Etat (impérialisme, colonialisme, contrôle des corps, etc…) soit un rejet des valeurs de l’occident ?! Merci pour le coming out! Et donc dans ce cas, autant être clair : oui, ces “valeurs” fondées sur un racisme pur, on en veut pas. Qui en voudrait d’ailleurs ?

Mais Le Doaré ne s’arrête pas dans les mensonges. Comme Véronique Genest, elle n’était pas présente sur les lieux mais a entendu parler d’ “’appels à la haine contre les FEMEN, contre CHARLIE, contre la laïcité, contre un prétendu lobby juif”. Une fois de plus, on accuse, on accable,  sans preuve ou justifications, sans témoignage et sans avoir été sur le terrain… et c’est écrit par une juriste, quand même. Qu’on nous apporte une seule preuve d’appel à la haine contre ce qui est cité plus haut, juste une seule!  Elle ne s’arrête pas en si bon chemin lorsqu’elle va jusqu’à se demander “comment marcher au milieu de drapeaux et mots d’ordre antisémites qui vont bien au-delà des appels au boycott d’Israël, soutien à peine voilé au terrorisme islamique du Hamas, à l’ »Intifada des couteaux » ?”. Cette question mérite une réponse claire et complète. Premièrement, aucune photo, aucun témoignage d’une personne présente ne peut corroborer l’idée d’un drapeau ou de mots d’ordres antisémites. A moins qu’un drapeau palestinien soit d’ordre antisémite et là, c’est vraiment du délire. Les seules personnes qui ont prétendu avoir entendu des insultes antisémites ont été démasquées car elles ont prétendu entendre des slogans antisémites lors de la Marche une semaine avant sa date. On est dans le pur fantasme, la pure diffamation. Deuxièmement, un appel au boycott est un appel au boycott. Certains y voient un moyen de pénaliser un état sur sa politique, d’autres y voient un moyen de pénaliser des entreprises, d’autres y voient une démarche 100 % compatible avec une lutte anti-coloniale, etc… Dire qu’il cache à peine un soutien à peine voilé au terrorisme, c’est aussi intelligent et défendable que de dire que l’appel au boycott des produits coca cola produits en Colombie (CSC) cache à un soutien à peine voilé aux FARC ou encore aux narco-trafiquants. Certes, le boycott tel que BDS l’envisage ne peut que bénéficier aux Palestiniens mais  le diaboliser tel que le fait Le Doaré, en revanche, en dit long sur son soutien au désastre humanitaire et politique en Palestine dont est responsable le gouvernement Israélien.

Il convient, avant d’expliquer le reste de la loghorée narcissique et mensongère de Christine Le Doaré, de se pencher sur son cas. Bien que se présentant avec toutes les qualités du monde (féministe, progressiste, anti raciste, etc…), il faut savoir qu’elle est très éloignée de ce qui est généralement porté par les termes “féministe”, “anti raciste” et “progressiste” et porte un regard absolument narcissique sur son vécu et son expérience. Humaniste ? A vous de juger à partir de ce florilège :

  • Elle a la prétention de décider du haut de son fauteuil qui est féministe ou pas selon ses propres critères. Au nom de quelle expérience ou reconnaissance dans le milieu féministe ? Aucune.
  • Elle adore taxer d’islamo-gauchiste toute personne qui se refuse à donner dans le “muslim bashing”, que ce soit en “temps normal” ou aux lendemain des attentats de Janvier tout donnant dans le color blind de base (“Je hais le racisme ! C’est quoi « blanc-che « ? C’est quoi « noir-e » ? A à partir de quelle concentration pigmentaire ?”),
  • Dans le registre Muslim Bashing mêlé à la sauce sexiste, elle est l’une des rares personnes en France qui a osé reprendre une certaine Nadine Morano qui s’indignait sur Facebook de la présence d’une femme voilée à la plage. Au lieu de condamner un tel geste qui transpire l’intolérance, Christine Le Doaré a saisi cette occasion pour soutenir implicitement celle dont la haine des réfugiés et l’amour de la race blanche n’est plus à prouver. J’avoue avoir trouvé délicieux de lire, sous la plume de Mme Le Doaré, que “la laïcité ne consiste pas à entraver la liberté de culte” pour lire quelques lignes plus tard “ersonnellement, je tolère les religions tant qu’elles restent dans la sphère privée”. Pas surprenant d’apprendre que cette femme soutienne sans ambigüité une initiative aussi débile que contreproductive que la journée sans voile.
  • Elle est à l’origine de l’affiche de la marche des fiertés de 2011 qui transpirait l’homonationalisme. Sa réponse ? Toujours aussi agressive : ceux qui ne sont pas d’accord avec elle sont des “ayatollah de l’intérieur” (la référence à l’Islam est récurrente chez elle, comme chez la plupart des Islamophobes qui doivent probablement croire à la responsabilité des musulmans dans le réchauffement climatique ou l’augmentation du prix des cigarettes) et elle ne voit nulle part le racisme, trouve cela exagéré…
  • Gaza ? Bof. Elle préfère fustiger des féministes engagées pour la paix et contre la colonisation sans jamais donner leur nom. S’agissait-il de Gloria Steinem, Even Ensler, Judith Butler, Sherry Wolf, Angela Davis, Naomi Wolf, Robin Morgan, Alice Walker, Amy Goodman ? On ne saura jamais. Le tout, bien entendu, dans un ramassis de raccourcis inutiles, en parlant de thèmes hors sujets pour faire diversion comme “l’esclavage musulman qui a saigné l’Afrique noire (et qui) n’est que rarement mentionné et pourtant, une recherche sur Internet permet en quelques clics, d’en mesurer l’ampleur” (“LOL” pour la recherche sur internet) tout en contribuant à cette idée on ne peut plus paternaliste d’une ville de Gaza manipulée par son élite politique et tout le blabla…
  • Son féminisme ? Un féminisme narcissique qui ne reconnait pas les autres féminismes, ce qui est un comble quand on prétend vouloir défendre les minorités. Bien entendu, pour vendre son féminisme, il faut caricaturer les autres féminismes, à commencer par mentir sans se retenir sur les manifestations du 8 Mars 2014 comme elle l’a fait pour la Marche de La dignité où elle n’y est pas allée de main morte. Heureusement que ses mensonges ont été tous démontés avec brio par Joao Gabriel.
  • Lorsque Fréderique Calendra décide de blacklister des féministes “pas assez Charlie”, Christine le Doaré se solidarise. Zut alors! Et moi qui pensais que réduire au silence, exclure, marginaliser, c’était l’arme de la domination masculine… Ah moins que certaines ne voient aucun mal à se battre contre une domination pour après, en dominer d’autres et reproduire le même schéma ?

Vous comprendrez que quiconque connait la “pensée Le Doaré” trouve absolument malvenu mais néanmoins hilarant qu’elle trouve quand même des choses à redire, entre ses mensonges et ses négations de la réalité. Elle se demande “Comment accepter que Voltuan, soit bousculé parce que sur sa pancarte était écrit « All lives matters » et cautionner ainsi ce violent rejet de l’universalisme ?” et il faudrait juste l’instruire sur l’arnaque de “All Lives Matter” comme si nous rejetions l’idée que toutes les vies avaient de l’importance. Avant toute chose, cette arnaque est en réponse au mouvement “Black Lives Matter” qui, excusez notre colère, a connu peu d’échos de la part des antiracistes niais qui, dans le meilleur des cas, se sont contentés d’en parler en déplorant avec retenue la condition des noirs aux USA (sans jamais questionner celle bien de chez nous, qu’ils soient en métropole ou ailleurs). “Black Lives Matter” est plus qu’un slogan, c’est un mouvement de dignité. Et voir un homme blanc sorti de nulle part avec sa pancarte “All Lives Matter” récupérer un mouvement pour s’y assurer lui aussi une place de victime, c’est inapproprié et offensant. Cela coupe court à toute discussion et dérive la problématique du racisme contre les noirs vers une problématique hors sujet sensée rassembler toutes les vies sous la bannière d’un universalisme de pacotille. Ce serait exactement comme voir un cortège féministe sous la pancarte “Non aux violences faites aux femmes” contré par un cortège dont la pancarte serait “Non à toutes les violences”. C’est inutile, méprisant et intellectuellement trompeur. C’est un dérivé du racisme anti-blanc qui n’existe que dans la tête de ceux et celles qui se cherchent un statut de victime. Précisions quand même que le mouvement “Black Lives Matter” s’est constitué à la suite de crimes policiers systémiques aux USA, commis par des blancs sur des noirs. Il est donc insupportable de voir des non concerné-e-s, généralement non solidaires, récupérer une lutte et une problématique pour se l’approprier. Il est donc normal qu’une pancarte “All Lives Matter” soit écartée de la Marche de la dignité car sa seule présence signifie à la fois un refus de prise en compte de la spécificité de l’oppression subie par les noir-e-s mais aussi un refus de la part du blantriarcat de voir ses nombreux privilèges que jamais les noir-e-s ne pourront connaitre. Quant à l’universalisme… Parlons-en! Quoi de plus violent que l’universalisme ? Parce que, en réalité, s’il y a bien quelque chose de profondément violent, c’est cette tendance à imposer le reflet de ses “réussites” et de les présenter comme étant universelles et donc comme ayant vocation à se répendre partout sur terre. L’universalisme, surtout dans la bouche de celles et ceux qui usent et abusent de ce concept, c’est ni plus ni moins qu’un outil de domination au service de personnes qui ne peuvent s’empêcher de se voir comme étant la référence unique qui doit être reproduite à la perfection et qui ne peuvent s’empêcher de décider de l’agendas des “autres”. Mais ça, Christine le Doaré qui se refuse à voir la couleur (contrairement à certains agents immobiliers, policiers, recruteurs et, ô surprise, personnalités politiques qui voient très bien les différences de pigmentation…), ne le comprend pas et ne le comprendra probablement jamais.

Elle se demande “dans quelle mesure les groupes féministes et LGBT qui cautionnent cette idéologique politique sont-ils conscients de conforter le sexisme et l’homophobie d’un communautarisme sectaire ?” . Du grand art. Donc la présence de groupes féministes et LGBT appuie des idées sexistes et homophobes de groupes communautaristes séctaires ? L’accusation est lourde car elle vise la présence des groupes féministes et LGBT avec lesquels elle ne s’interdit aucun paternalisme mais laisse penser qu’il figurait des groupes communautaristes et sectaires qui sont d’emblée sexistes et homophobes. Je ne me rappelle pas avoir vu le Temple du Soleil ou avoir constaté la présence de David Miscavige sur place! Plus sérieusement, je trouve absolument délirant de taxer de sexisme et d’homophobie des associations sans jamais les nommer, ni prouver ce qui est sexiste et homophobe… surtout venant de la part d’une femme qui, sur twitter et ailleurs, fait régulièrement preuve d’un racisme décomplexé quand elle ne marche pas avec des personnes irréprochables. Ci-dessous, une brève compilation des moments de gloire de Christine le Doaré:

Christine and the Queens ? Non. Par contre Christine & le péril islamique à la sauce grand remplacement, oui!

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe1

Christine et la religion comparée : oh non, non, c’est une moquerie, n’y voyez aucun mépris, voyons.

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe3

Christine joue les trolls religiophobes. Mais puisqu’elle dit vouloir le bien de l’humanité… Imaginez juste une caricature inversée avec des croyants envoyant tous les athées sur une autre planète… Vous comprenez ?

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe2

Et Christine Le Doaré qui ne voit pas les couleurs, est contre le racisme (il parait…) mais retweete sans complexe des gens aux thèses assez… claires et racistes.

Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe5 Christine Le Doaré Raciste Anti Voile Putophobe Transphobe Islamophobe4

Elle qui s’insurge contre la Marche, parce qu’elle pense bêtement et simplement le problème du racisme comme problème social sans y voir la trace de l’Etat, sans même s’aperçevoir de son racisme et de la haine qu’elle vomit en permanence sur internet à un rythme encore plus soutenu depuis qu’elle n’est plus présidence du centre LGBT ferait mieux de contrôler ses pulsions haineuses. Elle qui s’identifie comme féministe, produit un des clichés les plus connus de l’anti-féminisme mais cette fois sur la question de la lutte contre le racisme en parlant “d’esprit de vengeance” exactement comme lorsqu’on méprise le combat pour l’égalité des femmes qu’on caricature en guerre des sexes à l’arrière goût revanchard. Pire encore, elle parle “de division et de haine, au point de compromettre à tout jamais, toute possibilité de vivre ensemble”. Encore une fois, un fantasme utilisé pour faire culpabiliser sur le dos du plat concept qu’est le vivre ensemble. Doit-on lui rappeler son statut posté sur Facebook mais aussi son article dans lequel elle semble pleurer sa France d’autrefois, qui a tant changé, où “dans certaines rues de Paris, il n’y a plus d’autres commerces, écoles, crèches, cantines, que kasher et/ou israélites. Comme en écho au radicalisme musulman, un radicalisme judaïque se développe” (!) et où elle explique que “aujourd’hui, le ramadan est quasiment obligatoire, dans beaucoup de cantines, on mange hallal, dans beaucoup de piscines il y a des créneaux mixtes et non mixtes, etc.” ? Et ce n’est pourtant pas du Zemmour! Quant au vivre ensemble, évitons de convoquer cette notion vide de sens comme si elle n’était liée qu’à la volonté ou au manque de volonté de ceux et celles qu’elles incrimine. Vivre ensemble, c’est uniquement valable quand on a les moyens financiers de circuler et d’aller habiter là où on peut vivre dignement, là où les écoles ne pratiquent pas des politiques de séparatisme social absolument scandaleuses, où on peut avoir accès à un mode de vie décent. Il ne suffit donc pas de la vouloir pour le pouvoir et convoquer cet argument témoigne, une fois de plus, d’une ignorance des réalités de terrain affligeante. Ne venez pas parler de vivre ensemble à des populations qui connaissent des humiliations quasi quotidiennes que vous ne connaitrez jamais alors que vous êtes la première à pleurer leur présence et leur “manque de discrétion”. Et surtout, du fond du coeur, qui a envie de vivre avec quelqu’un comme Christine Le Doaré ?

Bien entendu, comme toutes les personnes qui se sont retenues de participer à cette marche alors qu’elles n’ont, heureusement, jamais été conviées ni mêmes sollicitées, ce qui serait un comble, Christine Le Doaré ne peut terminer son article sans mentionner des noms à faire froid dans le dos : Houria Bouteldja, Médine, Tariq Ramadan, etc… Il ne manquait plus que Ben Laden! Mais elle mentionne également Angela Davis, qui est à l’origine de l’appel pour la Marche, la qualifiant, au passage de Pro Voile et Pro Prostitution (sans preuves, comme d’habitude…) et réduisant son existence à “la cause noire aux USA”… Plus de 40 ans de militantisme, des livres traduits dans des quinzaines de langues, des conférences aux 4 coins du monde, des réflexions sur les oppressions de classe, de genre, de race, sur le capitalisme, le système carcéral, les prisonniers politiques et le black feminism mais Angela Davis, dans l’esprit bien étroit de Christine Le Doaré, n’est qu’une militante pro voile et pro prostitution et de la “cause noire” (tiens, là, on voit les couleurs!). Rappelons juste que ne pas avoir une haine épidermique du voile et ne pas être une abolitionniste de la prostitution n’est en rien signe de rattachement à une position pro voile et pro prostitution. Quant à dire que Angela Davis “a pourtant cautionné Elridge Cleaver et les autres militants noirs qui revendiquaient tout de même : «La libération de l’homme noir passe par le viol des femmes blanches »”, c’est un mensonge que seules celles gagnées par la haine peuvent oser. Quand on veut convaincre, on ne s’interdit rien. Au diable les fondements, l’éthique, les sources et les réflexions! Qu’on nous apporte une preuve de qu’avance Le Doaré, à la fois sur Cleaver mais aussi sur les “autres militants noirs” qu’elle semble être la seule a connaitre ainsi que le soutien apporté par Angela Davis. Là tout de suite, j’ai la citation de Michel Audiard qui me vient en tête  : “Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît!”.  Petite remarque : Le Doaré appartient à la caste des athées religiophobes parce que d’après elle, “rien n’a jamais été avéré, toute croyance relève de l’imaginaire”… Or, elle voudrait qu’on croit sur parole ses insinuations sans apporter la moindre preuve de ce qui est avancé tout au long de son article. Suis-je le seul à voir ici le paradoxe de son raisonnement ? Pour autant, si faire partie des black panthers signifie soutenir tout ce que leurs membres disent, pensent et ont envie de faire… alors Le Doaré a soutenu la Maire du XXème arrondissement qui elle même est socialiste comme un certain… DSK! Vous comprenez le raisonnement ? Pour info, si quelqu’un a un semblant de sources permettant d’appuyer les propos diffamatoires de Le Doaré au sujet de Angela Davis, on prend.

Comme cela a été répété à de nombreuses reprises, il est normal que cette marche ne trouve pas d’écho favorable au sein du blantriarcat, encore trop attaché à ses privilèges. Et tant mieux! Qui voudrait d’un soutien de personnes pour qui l’antiracisme consiste uniquement à décrier les insultes racistes les plus courantes et les plus caricaturales, à ne voir du racisme qu’à l’extrême droite tout en ignorant qu’il traverse la société et l’ensemble de l’échiquier politique ? Qui voudrait d’un antiracisme qui valide et soutienne des lois injustes, qui fasse la promotion d’un universalisme beauf où la seule finalité et le plaisir narcissique de voir et reconnaitre son reflet partout? Qui voudrait de soutiens émanant de personnes qui n’ont aucun scrupule à amalgamer ceux dont ils disqualifient les luttes sans jamais rien proposer à la place ou sans jamais aller à leur rencontre ni même sur le terrain? Qui voudrait de la présence à une marche de personnes incapables de construire un argumentaire rationnel qui ne soit pas basé sur des préjugés et des clichés? Qui voudrait d’un antiracisme niais, qui ne prenne jamais en considération à qui bénéficie le racisme, qui ne veuille jamais reconnaitre la responsabilité du haut sur le sort des gens d’en bas, qui ne comprenne pas que le racisme n’est qu’un rappel d’un colonialisme encore présent et qui se refuse, au nom de valeurs non identifiées à regarder les couleurs droit dans les yeux? Qui voudrait de soutiens qui viennent de personnes qui n’ont que le chantage au patriotisme, la référence à la Révolution Française et aux Lumières comme si ça allait de soi, comme argument ? Qui voudrait le soutien de personnes au complexe de supériorité énorme, qui n’ont rien en commun avec les principaux concernés, qui attendent d’eux qu’ils acceptent toutes les critiques possibles et imaginables mais qui refusent catégoriquement qu’on pointe du doigts leurs failles, leurs défauts, leurs faiblesses et leur tendance à travestir la vérité au maximum ? Qui voudrait d’un antiracisme qui n’est jamais sur le terrain mais qui sait tout ce qui s’y passe et s’autorise donc le droit de parler “au nom de” sans respecter la dignité ou l’agenda des premier-e-s concerné-e-s ? Qui voudrait le soutien de personnes qui refusent de voir qu’ils parlent depuis un poste de privilégiés, qui s’exprime avec dédain et qui pensent que leur parole et LA parole surtout quand le sujet ne les affecte pas directement mais qui pensent avoir quand même une opinion pertinente ? Qui voudrait du soutien de personnes qui se taisent sur l’impérialisme, se font rares lorsque des questions identitaires blanches sont sur la table et utilisées à des fins éléctorales et n’ont jamais questionné les rapports de domination nord-sud ? Qui voudrait du soutien de personnalités qui n’ont jamais été reconnues dans les milieux qu’ils et elles prétendent reconnaitre, non pas pour des petites controverses mais pour des opinions politiques qui sont à l’opposé d’un front anti raciste, décolonial et anti sexiste ? Qui veut du soutien de personnes qui ne trouvent rien à redire lorsque l’état envoie un gamin de 8 ans au commissariat pour apologie du terrorisme et qui en même temps ne sourcillent même pas lorsque Devilliers glorifie la colonisation qui est un crime contre l’humanité ? Qui ? Personne. Que ce soit avant, pendant ou après, personne ne veut de votre soutien. Gardez-le pour vous, entre vous. Et puis vos considérations sur la dignité, quand on sait de quoi sont nourris vos réflexions et qu’on lit la haine qui ronge vos claviers… Non Merci! La seule ombre au tableau, c’est de savoir que ces luttes historiques vont bénéficier à beaucoup de monde, y compris celles et ceux qui, du haut de leur aigreur, sont les premier-e-s à les vomir. Fanon disait que la grande confrontation ne pourra être indéfiniment reportée… Il avait raison, Fanon.

L’As de trèfle qui pique le coeur de Caroline Fourest

Quand la bande de “Sauvés Par Le Gong” profitait de sa célébrité avant de se faire piquer la vedette par Caroline Fourest AKA The Queen Of The World!

C’est elle. The Queen of the world. Si la presse people des années 90 regorgeait de posters de Will Smith, Jason Priestley, Janet Jackson et de  Mark Paul Gosselaar, celle d’aujourd’hui devrait regorger de posters de Caroline Fourest parce qu’elle est tout simplement partout. A la radio, à la télé, sur internet, dans la presse : impossible d’échapper au phénomène Caroline Fourest à tel point que je me demande si nous aurons le droit, un jour, à la barbie Fourest, au parfum, aux casquettes, ou même à la collection de maillots de bains! C’est une journaliste qui aime se présenter comme féministe, laïque, universaliste, antiraciste et qui a des champs d’étude très restreints mais peu importe : l’establishment a fait d’elle une icône qui a presque tous les droits et qui ne se refuse jamais rien. Et, quand on voit que ses idées, voir ses mensonges, sont repris jusque dans la bouche de notre actuel premier ministre, ce n’est pas rien de la présenter comme une célébrité omniprésente et dont l’influence ne cesse de grandir. Et c’est là que les emmerdes commencent… Connaissant les méthodes habituelles de discrédit de Fourest, je tiens à préciser que je ne suis pas et n’ai jamais été fan de Dieudonné, Alain Soral ou Tariq Ramadan. Michel Collon ne m’a pas payé pour écrire cet article et ignore tout de mon existence. Je ne connais pas Poutine et ne travaille pas pour le gouvernement Russe, de même que je n’ai jamais milité auprès d’une quelconque organisation. Je ne suis pas non plus impliqué dans des réseaux louches, bref, je suis loin de l’archétype du grand méchant nazi “islamist friendly”. En revanche, je suis porteur de ma propre voix, de ma propre réflexion dans laquelle des gens peuvent se reconnaitre que cela lui plaise ou non.

Dans le monde médiatique sexiste français, quand on est une jeune journaliste blanche éloquente affiliée à la gauche qui traite de sujets qui ne sont pas encore “mainstream”, on plait. Alors, quand on commence à s’intéresser à l’Islam sous l’angle négatif, c’est à dire comme étant la grande menace qui pèse sur les minorités sexuelles, les femmes et la sainte “République”, vous ne plaisez plus : vous êtes sacralisée par l’establishment. Ajoutez à cela une défense de la laïcité au nom d’une protection des libertés individuelles et un combat caricatural contre le racisme et votre étoile ne cessera jamais de briller. Le Huffington Post, Le Monde, Charlie Hebdo, France Culture, France 2, la revue Prochoix, LCP : voici les maisons de Caroline Fourest.

Premiers problèmes avec l’Islam et premières connivences avec l’Islamophobie

Capture d’écran 2015-05-30 à 20.59.15

Caroline Fourest : A Star Is Born

C’est dans un contexte de guerre contre le terrorisme et d’attentats terroristes que Caroline Fourest fait son entrée sur scène. Ses travaux sur le Pacs et l’intégrisme catholique n’intéressant pas ou alors très peu, il fallait bien s’intéresser à l’islam qui semble être le business de demain. C’est avec le concept d’islamophobie qu’elle a réussi à se garantir sa place au soleil. C’est un terme/concept qu’elle a en horreur. Il faudra donc le ridiculiser car elle cherche à s’éviter toute accusation de racisme. Ainsi, c’est là que lui est venue la folle idée, dans un article de Prochoix de définir l’islamophobie non pas comme étant un racisme dirigé contre les musulmans mais comme étant… une technique visant à empêcher toute critique de l’islam, inventée par les mollahs iraniens en 1979! Aucun document, aucune source, ni citation, ni témoignage ne viendra confirmer cette thèse tirée par les cheveux mais le grotesque mensonge passe à merveille. Il est repris par plusieurs personnes qui, outre le fait d’avoir un peu de crédibilité intellectuelle sont connues pour leur rapport extrêmement critique vis à vis de l’Islam et leur tendance à refuser de le dissocier de l’islamisme: Michel Onfray, Pascal Bruckner et même Anne Marie Delcambre, figure emblématique de cette France qui croit à l’islamisation de l’Europe. En travestissant l’islamophobie, Fourest opère un brillant tour de magie qui permet, avant l’adoption de différentes lois discriminantes envers les musulmans de déligitimer l’islamophobie comme lutte : si vous parlez d’islamophobie, c’est que vous cherchez à piéger le débat, à censurer et pas à parler de racisme. Sauf qu’un paquet d’historiens et, pour le coup, spécialistes de la question réfutent totalement cette définition fantaisiste. Lorsque Fourest est grillée sur cette question, va-t-elle publier un communiqué ? Va-t-elle s’excuser publiquement ? Non. Du haut de sa prétention, elle se contente de tronquer l’article publié dans prochoix pour faire croire qu’elle n’a pas menti : on passera donc d’un article qui dit “Le mot “islamophobie” a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a été utilisé pour la première fois en 1979, par les mollahs iraniens” à une seconde version qui dit que “Le mot “islamophobie” a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens …”. C’est un mensonge qui a été relevé à plusieurs reprises mais dont l’auteure n’a jamais eu à répondre. Trop tard : le mal est fait car cette définition bidon qui a été retenu par certains de politiques, notamment à gauche. J’imagine que, prétentieux comme ils sont, ils n’accepteront jamais que l’on vienne leur dire que ce terme est bien plus ancien et qu’il doit plus son existence au racisme exprimé envers les musulmans du temps de la colonisation qu’aux mollahs iraniens! Depuis, Fourest n’a cessé cette guéguerre sémantique ridicule, prétendant à chaque fois que le terme “musulmanophobie” serait plus adéquat pour mettre un terme sur la spécificité du racisme exprimé envers les musulmans. C’est vrai que Mme Fourest, qui n’est ni une spécialiste de l’islam ni musulmane, elle, elle sait ce qui est bon pour les “autres” et mieux que les premier-e-s concerné-e-s. Nostalgie de l’empire colonial ou réflexe de dominante? On dirait…

La fin justifie les moyens

La saison 2004-2005 est la saison qui rend Caroline Fourest presque incontournable. Début de phénomène. Son livre, Frère Tariq, la fait rentrer dans la cour des grands : en s’attaquant au “double discours” de Tariq Ramadan, elle s’attire la sympathie des autres Kings of The World de l’establishment que sont Bernard Henri Lévy ou Alain Finkielkraut. En réalité, son ouvrage est à peu près aussi solide sur le plan intellectuel qu’un exposé d’élève de première. Elle tronque des citations pour en changer le sens, développe des thèses encore plus farfelues que sa thèse sur les origines de l’islamophobie (elle laisse croire que Tariq Ramadan doit son prénom à Tariq Ibn Zyad, le conquérant musulman, c’est vous dire le sens de l’imagination qu’elle a) et surtout ment comme une arracheuse de dents et je vous livre un petit florilège :

  • elle dit d’Alain Gresh, directeur du monde diplomatique, qu’il est un compagnon de route de Ramadan au point de faire de sa publication “le journal du prédicateur” (mensonge : il n’y a qu’à se rendre ici pour voir que Tariq Ramadan n’a écrit que 3 articles pour Le Monde Diplomatique sur une période de plus de 10 ans… un peu léger, non, pour un compagnon de route ? Elle qui est passée 4 fois dans “On est pas couché”, accepterait-elle d’être taxée de compagne de route de Ruquier ? ).
  • elle se trompe volontairement dans des citations; quand elle ne fait pas dire l’inverse de ce qui est dit (notamment sur une décision de justice), Caroline Fourest dit de Tariq Ramadan qu’il a préfacé un livre qu’il n’a jamais préfacé. Elle lui invente aussi un pouvoir, notamment celui de faire annuler les représentations de la pièce Mahomet de Voltaire en Suisse. Sur la base de quelle preuve ? Aucune.
  • elle abuse d’un champ lexical de la terreur tout en faisant de tous ses opposants qui ont, de loin ou de près, côtoyé Ramadan, des complices de l’Islamisme (sur ce point, on pourra dire que le journal Marianne n’a pas innové!).

41VKc5C4AgL._SX258_BO1,204,203,200_Il aura fallu attendre l’année 2009 pour que Tariq Ramadan et Caroline Fourest s’affrontent en tête à tête sur le plateau de “Ce Soir Ou Jamais”. La séquence est, depuis, devenue culte. Caroline Fourest, pour reprendre les propos d’Eric Naulleau, s’est faite “éparpiller façon puzzle”, confuse entre ses mensonges et apparaissant, bien qu’elle se définisse comme féministe, comme étant la moins ouverte des deux. Petit bonus : lors de l’échange, Caroline Fourest s’offusque lorsque Ramadan lui dit qu’elle partage les thèses des néo-conservateurs américains. Elle qui, a, dit-elle, travaillé sur la droite américaine pro-life, elle qui se prétend de gauche devrait être cohérente : Frère Tariq, a été traduit en anglais et publié aux USA chez… Encounter Books. Le nom de cette maison d’édition ne dit rien au grand public mais il s’agit d’une maison d’édition néo-conservatrice, spécialisée dans la publication d’ouvrages particulièrement virulents envers l’islam et dont le patron n’est que David Horowitzun islamophobe militant, proche d’autres islamophobes tels que Pamela Geller (miss concours de caricatures), Robert Spencer et… Geert Wilders! Outre manche, son livre a également été publié dans une maison d’édition bien à droite, à savoir la Social Affair Unit qui s’était fait repérer en 2006 à cause d’une controverse liée à un article particulièrement islamophobe que Riposte Laïque ne renierait pas… Dans le même genre, Fourest est signataire d’un article, The War for Eurabia”, publié dans le wall street journal où elle dit que les intégristes musulmans profitent en Europe de “la liberté d’expression et de la démocratie, ainsi que de l’incapacité des immigrés arabes à s’intégrer… Alors Caroline Fourest, la fin justifie les moyens ? On se dit “antiraciste” en France sans se soucier d’avoir des idées reprises par des racistes de l’étranger ? On critique les “doubles discours” des uns sans regarder ses propres doubles discours et incohérences? Et, malheureusement, ce double discours, PERSONNE n’a su l’exposer ou en parler à la principale concernée. Pas un seul article de presse français, de droite comme de gauche, n’a jamais abordé cette bizarrerie. L’idée d’un Tariq Ramadan qui a un double discours est, grâce au “travail” de Fourest, une idée largement répandue et acceptée dans la presse française tandis que les doubles positions politiques de Fourest ne sont jamais évoquées. S’est-on déjà donné la peine d’étudier cette “zone d’ombre” ou a-t-on préféré ne pas froisser la journaliste star, de peur qu’elle dise que ça la “fait chier de parler à des gens aussi cons” quand on a le malheur de lui présenter la vérité et la mettre face à ses contradictions ?

The Queen Of The World

Plus rien n’arrête la machine Fourest. Elle est employée par Charlie Hebdo où elle sera le bras droit de Philippe Val et sera l’une des protagonistes du fameux “procès des caricatures”. Elle publie La tentation obscurantiste. Un carton. Et là, c’est le drame : dans l’ouvrage, elle s’en prend à cette gauche qui serait, selon ses mots, très complaisante vis à vis de l’intégrisme musulman. Tout en opérant un brillant tour de passe passe qui mélange antisémitisme et antisionisme mais invalide également les luttes contre l’impérialisme qu’elle taxe de communautariste et d’intégriste, elle règle ses comptes. C’est avec ce livre que le style très “doctrine Bush” de Fourest s’installe : elle, elle est bien, elle est universaliste, démocrate et laïque et ce sont ceux qui ne sont pas d’accord avec elle, ceux qui “pensent mal”, qui sont en tort. Vous êtes avec elle, la démocrate, ou contre elle. Mais que ferions-nous sans Caroline Fourest ?! Conséquence : elle reçoit le prix du livre politique en 2006. Jean Baubérot, Bruno Étienne, Franck Fregosi, Vincent Geisser et Raphaël Liogier publient une tribune baptisée Les lauriers de l’obscurantisme pour exprimer leur surprise quant à cette victoire. Ils expriment des idées particulièrement pertinentes, à savoir que ce livre s’inscrit dans cette triste tradition qui consiste à “condamner ceux qui refusent de se plier au moule de leurs catégories sectaires”. Pour eux, la tentation obscurantiste ne fait que ceux que certains essayistes ont déjà fait par le passé, à savoir jeter “en pâture des listes de personnes accusées de “trahir les idéaux de la République” et d’être les “faire-valoir du radicalisme islamique”.

Depuis, plus rien ne l’arrête. Elle est sur tous les plateaux. Son féminisme est un féminisme qui ne réagit que sur les questions liées de loin ou de près aux musulmans, à leur pratiques barbares. Si les croyants, en particulier musulmans,  ne se plient pas mot à mot à sa vision de la laïcité dont elle s’est érigée abusivement comme spécialiste, c’est parce que ce sont des islamistes et donc un danger qu’il faut combattre. Caroline Fourest flatte cette France lâche, mais de gauche, qui ne se voit pas à Droite. Elle est “le courage” qu’il manquait. La résistance face à l’intégrisme, majoritairement musulman, qui menacerait la laïcité. Quand sa sacro sainte tentation obscurantiste est critiquée par Pascal Boniface qui lui consacrera également un chapitre dans un livre, la reine de la liberté d’expression, du blasphème et de la critique, ne l‘entend pas de cette oreille. Elle le disqualifie en l’accusant d’à peu près tous les maux de la planète : elle parle d’un homme qui “passe son temps en réalité à soutenir des régimes peu recommandables et à attaquer toute personne qui défend la laïcité, l’égalité ou le droit des femmes”, qui laisserait “planer le soupçon que toute personne qui a travaillé sur l’intégrisme, et notamment sur l’intégrisme musulman, est vendue au lobby sioniste” et finit sa tirade en s’interrogeant sur “le financement du laboratoire de recherches” de Boniface. Accabler pour mieux dénigrer. Les accusations sont graves et mensongères. Inutile de préciser que personne n’a osé apporter la moindre contre preuve… Très franchement, toute personne qui connait le travail de Pascal Boniface, que ce soit à travers ses livres ou ses apparitions médiatiques, ne peut que rire de telles accusations. Caroline Fourest prouve là, une fois de plus, que lorsqu’elle est en mauvaise situation, elle n’a aucun complexe à avoir recours à des condamnations sans preuves mais qui, parce qu’elle se croit rigoureuse et pertinente, seraient des vérités inquestionnables. Pour la petite information, le laboratoire de Boniface, l’IRIS, est une association loi 1901, de même qu’il n’a jamais parlée d’elle en tant que “vendue aux sionistes”, qu’il s’est montré critique vis à vis de la laïcité sans pour autant tomber dans une caricature mais ça, Fourest, en tant que journaliste sacrée Reine de l’establishment, elle s’en fiche. La rigueur journalistique, les précisions, elle n’en a que faire. Elle préfère faire dire à ses adversaires (qui ne deviennent ses adversaires que dès qu’ils ne se prosternent pas devant ses “travaux”) ce qu’ils n’ont pas dit, histoire de jeter un discrédit sur eux et s’ériger en intellectuelle face à ceux qui osent la contredire.

Quand on a réussi à symboliser LE journalisme d’investigation, LE journalisme féministe, LE journalisme laïque, Le journalisme anti-intégriste et qu’on est tout le temps présentée comme étant celle qui épouse la cause des justes parce que vous êtes de gauche et que vous ne cessez de parler d’égalité et de présenter ceux qui n’adhèrent pas à vos méthodes et à vos arguments comme étant des ennemis, vous êtes une gagnante. L’establishment adore ces gagnantes et sait les récompenser en leur offrant une visibilité presque aveuglante.

Vers un réveil des consciences ?

Il y a un parfum contestataire qui flotte dans l’air. Tout le monde n’est pas fan de The Queen of the World. Au lieu de couper la tête de ses opposants, elle continue sa route. Et rien ne l’arrête :

  • elle récupère l’histoire de la militante voilée au NPA qu’elle compare aux arabes et aux noirs du FN (en ridiculisant à la foi le voile et le féminisme islamique),
  • lors de son discours au congrès du PS en Décembre 2010, elle réussit à rendre responsable le multiculturalisme d’un ” retour de flamme nationaliste qui peut ravager l’Europe”. Rendre responsables de leur oppression les opprimés, c’ était jusque là du jamais vu ! C’est d’ailleurs lors de ce discours qu’elle évoquera les tournois de baskets réservés aux femmes “pour lever des fonds pour le Hamas” (qui lui vaudra un Y’A Bon Awards). Pour les preuves, vous pouvez repasser mais ça, le public s’en fiche : on applaudit le commissaire Fourest.
  • elle co-signe un ouvrage consacré à Marine Le Pen, sans doute pour rappeler son ancien combat contre le racisme du FN. On pourrait s’en féliciter, étant donné l’aura médiatique dont Caroline Fourest jouit si elle ne se faisait pas magistralement épingler en direct à la télé par Marine Le Pen sur un de ses mensonges dont elle n’a même pas réussi à se défendreA noter : au final, dans l’émission “Mots Croisés”, c’est la popularité de Marine Le Pen qui grandit, à se demander si Joffrin et Fourest n’ont pas fait exprès de d’être aussi nuls et aussi agressifs face à elle.
  • Caroline Fourest produit une série de documentaires hallucinants de mauvaise foi sur les théories du complot mais avec le soutien de la gauche qui ne se désolidarise jamais d’elle, y compris lorsqu’elle manipule les informations et produit des amalgames en toute impunité. Sa cible favorite : ce qu’elle désigne comme étant des théories du complot en ce qui concerne le 11 Septembre. Seule l’association Reopen911 lui a répondu sans qu’elle n’ait jamais à s’expliquer sur ses fraudes.
  • elle s’amourache de la leader des Femen, Inna, à qui elle consacre un livre aux allures de roman à l’eau de rose après lui avoir consacré un documentaire qui est truffé d’erreurs et de mensonges; dans le même temps, des documents mettant en évidence les connivences du mouvement ukrainien avec des mouvements nazis ressurgissent. Réponse hallucinante de l’intéressée : oui, certaines militantes du groupe Femen ont déjà manifesté aux côtés de militants d’extrême droite mais c’était pour demander la libération de prisonniers politiques et au nom de la liberté d’expression. Dans ce cas, pourquoi critiquer la présence d’élus de gauche aux côtés des “islamistes” dans un meeting contre l’islamophobie ? Si elle n’a pas de mal à voir ses Femen fricoter avec des nazis du moment qu’ils ont une lutte noble en commun, peut-être qu’elle pourrait accepter de voir les Verts s’associer avec des membres des Indigènes de la République contre Pegida par exemple ? Où est la différence ? Seul Caroline Fourest le sait!
  • elle prétend, dans une chronique sur France Culture au sujet de la crise Ukrainienne, que des officiers pro-russes sont venus “arracher les globes oculaires avec un couteau”. Ses sources ? Un journal Ukrainien qu’une universitaire et une journaliste lui auraient conseillé. Vive le journalisme amateur. Devant un tel manque de rigueur et de vigilance, le CSA l’a épinglée. Seul Olivier Berruyer a eu l’audace de lui répondre d’une façon extrêmement détaillée et sérieuse, deux qualités qui manquent à son travail de journaliste…
  • Toujours dans une chronique de France Culture, Caroline Fourest se laisse aller à des hypothèses ignobles sur l’agression d’une jeune femme voilée, Rabia Bentot. Outre le fait de vouloir donner dans la caricature à fond les ballons en faisant passer la victime pour le stéréotype de la musulmane voilée soumise à l’autorité de son père qui, lui, est bien décidé à médiatiser l’agression de sa fille, Fourest va jusqu’à parler à la place de la police (c’est une version qui n’a pas arrêté de changer, dont la police d’ailleurs doute. Elle n’exclut pas un règlement de comptes familial, une opération punitive destinée à faire payer à la jeune femme son style de vie, jugé trop libre, ce qui changerait évidemment tout). Exploiter un fait divers pour mieux cracher son venin, exploiter la violence d’une agression pour, au final, remettre en doute l’agression subie par Rabia Bentot. Elle finira par perdre un procès en diffamation, après avoir prétendu l’avoir gagné sur le plateau de l’émission “On est pas couché”, puis avoir prétendu avoir été juste “imprécise”… Par contre, quand Amina, l’ex Femen tunisienne invente une agression, Caroline Fourest vole à son secours sans questionner la véracité des faits qui relèvent en réalité d’un mensonge puisqu’elle a inventé son agression. Certaines victimes sont plus crédibles que d’autres pour Caroline Fourest? On dirait…
  •  Lorsque Lillian Thuram et Caroline Fourest discutent lors du salon du livre politique, elle a le culot de défendre les UNES absolument choquantes de certains magazines. Quand Thuram évoque ces couvertures de revues qui participent à la construction du sentiment de peur contre l’Islam, elle lui répond : “Pourquoi il y avait-il tant de couvertures sur l’Islam ? Est-ce qu’il n’y avait pas une actualité provoquée par des intégristes, des radicaux qui voulaient semer la peur au nom de l’Islam ? Ils ont récolté ce qu’ils voulaient : la peur de l’islam, la stigmatisation des musulmans qui a entraîné la radicalisation de certains.” Argument imparable ! En gros, si j’applique cette logique, les couvertures de magasines antisémites, ce sont les sionistes qui ont récolté ce qu’ils voulaient à cause de la colonisation de la Palestine ?! Petit détail : l’échange est perturbé par un collectif de lesbiennes venues faire un happening en réclamant la PMA dans un brouhaha général. Fourest déclare qu’elles sont “sympathiques”. Quand, plus tard, un homme noir prend la parole “démocratiquement” et parle quelques secondes de la menace qui pèse sur le livre politique en France de façon absolument posée et polie, Fourest le recale sans le ménager : “Est-ce que ça pouvait pas attendre le temps du débat ?! Je vais juste faire une intervention parce que monsieur, vous nous donnez vraiment une occasion d’expliquer ce qu’est, je pense, l’objet de cette table ronde”. Bam, dans les dents! Au pied. Et cela, sans choquer qui que ce soit… Ce n’est pas SON débat à elle mais ELLE a décidé qui pouvait intervenir, entre un groupe de femmes qui agissent comme des furies dans un happening hors sujet (la PMA n’a rien à voir avec le livre politique) et un homme qui parle calmement et en respectant le thème de la table ronde.
  • Les musulmans démocrates dont Caroline Fourest parle ? Bof. Ce sont plutôt des ex-musulmans. Loin de moi tout jugement sur ce que les gens font de leur foi ou sans foi. Parmi ces musulmans, on retrouve Safia Lebdi, qui après avoir été ex pote de Pierre Cassens de Riposte Laïque, ex-membre de NPNS, ex-membre des insoumises et Ex-femen est aujourd’hui membre des ex-musulmans. Ca bouffe à tous les râteliers. Mais aussi  et surtout un certain Waleed Al Husseini dont le livre, Blasphémateur, est, ô surprise, publié chez Grasset comme les livres de Caroline Fourest. Rapidement, on s’arrache l’ex-musulman devenu athée qui remplit les pages de Libération ou des Inrocks. Matine Gozlan, dont les articles trahissent un parti prit sioniste assez inquiétant et une islamophobie presque caricaturale, est également de la partie lorsque se forme le conseil des ex-musulmans à Paris. Voici ce que sont en réalité les musulmans dont parle Caroline Fourest : des athées, voir même des musulmans qui  tiennent des propos sur leur blog qui ont plus leur place dans la rubrique “islamisation de l’Europe” de Valeurs Actuelles mais qui,  parce qu’ils sont sous le parrainage de Caroline Fourest, la laïque progressiste démocrate universaliste, sont des “héros”. D’ailleurs, comment est-ce que Caroline Fourest veut qu’on la prenne au sérieux quand elle se dit anti-raciste et non islamophobe lorsque elle a des islamophobes généralement sionistes dans ses cercles et que son protégé a accordé une interview à Riposte Laïque dans laquelle il déclare que “tous les terroristes sont musulmans. Le problème est dans l’islam, dans les fondements-mêmes de l’islam. Le problème est dans le contenu du Coran et c’est absolument limpide. Celui qui soutient le contraire est aveugle” ? Ne dit-on pas que l’ami de mon ennemi est mon ennemi ?

caroline-fourest-front-de-gaucheJe ne vais pas m’étaler sur les autres mensonges de Caroline Fourest qui devraient, si on avait le temps, occuper à peu près une demie bibliothèque. Quand il est question de la circulaire Châtel, Caroline Fourest exprime sans remords un paternalisme décomplexé envers les mamans voilées à qui elle fait savoir que c’est elle qui mène leur lutte auprès des instances les plus proches du pouvoir. Je ne vais pas non plus m’étaler sur cette volonté de vouloir faire passer tous ceux qui ne sont pas d’accord avec elle comme étant soit des proches de la triade Soral – Dieudonné – Ramadan, soit des “islamogauchistes” tendance Edwy Plenel, Mediaparts, Aymeric Caron et compagnie, soit des militants du front national.  Je ne vais pas non plus m’étendre sur l’idée que Caroline Fourest qui aime se présenter comme démocrate pleure la présence de Tariq Ramadan sur les plateaux de TV alors qu’elle occupe constamment notre champ visuel. Ces méthodes, ainsi que les mensonges et le sensationnalisme à deux balles sont les siennes et malheureusement, personne n’en parle car elle est aujourd’hui présentée à tort comme une héroïne.

J’aimerais que Caroline Fourest comprenne que ses méthodes, plus que ses idées, sont ce que l’on retient malheureusement le plus d’elle. Que la modestie et la vérité manquent à son travail. Que de vouloir décider à la place des musulmans quel mot est à utiliser pour parler de leurs oppressions, c’est, au mieux, condescendant et prétentieux, au pire, paternaliste et colonialiste. J’aimerais également que Caroline Fourest comprenne que lorsqu’on parle de “deux poids, deux mesures” dans ses raisonnements, ce n’est pas pour qu’elle change de sujet et range systématiquement ceux qui ne sont pas d’accord avec elle dans “le camp du mal”. Pour ma part, j’ai la rage la plus profonde envers les groupes violents, qu’ils soient de tendance intégriste ou non, qui passent à l’action ou non mais aussi leurs grands soutiens. J’ai, également, beaucoup de mal à être complaisant vis à vis des invasions, des guerres menées pour des motifs obscurs qui, dans tous les cas, profitent aux puissants et affaiblissent encore plus les dominés. J’ai également beaucoup de mal à prendre la défense ou à accorder un quelconque crédit à celle qui se targue d’être une humaniste mais qui n’a aucun mal à s’entourer de personnes qui ne le sont pas et qui affichent une islamophobie qui n’a rien à envier à Pegida. Jamais je ne pourrais soutenir un quelconque acte qui la viserait car je refuse de tomber dans son piège qui tant à faire passer ceux qui ne s’inclinent pas face à son travail pour des barbares. C’est pour ça que lorsque Civitas ou d’autres groupuscules l’agressent, contrairement à elle, je n’irai pas écrire de chronique pour mettre en doute sa version des faits car je me solidarise toujours des victimes. Je peux largement comprendre qu’elle fasse l’objet d’une protection policière et je suis, sans la moindre ambiguité, contre toutes les menaces dont elle fait l’objet. Je comprends également, qu’en tant que féministe et qu’en tant que lesbienne, elle ait du mal avec la Religion en général mais quand même… flatter la laïcité en la transformant comme outil de combat, pour la diriger vers les musulmans qui sont très très loin des sphères de pouvoir… c’est loin  d’être héroïque. Dans une France où toutes ces questions sont cruciales, où le progressisme semble être la prochaine arme de divisions (comme l’homonationalisme et le fémonationalisme), serait-ce possible d’avoir de réels débats ? Si on se présente comme démocrate et universaliste, serait-ce possible d’être, un jour, confronté-e à ses contradiction et avoir à s’en expliquer ?

Bonus de fin : Devant le succès d’un tel article, je me devais de rajouter un petit bonus. Caroline Fourest & Fiammetta Venner se présentent comme des laïques, des intellectuelles et défendent la liberté d’expression. Ainsi, quand des intellectuels américains (donc le camp du bien) s’opposent à la remise d’un prix à Charlie Hebdo, voici ce qu’en déduit Fiammetta Venner :

Capture d’écran 2015-06-06 à 13.12.53

Ce qui peut se résumer par “vous n’êtes pas Charlie” = vous êtes complices des Jihadistes. Carrément. Donc qu’on ne vienne pas nous dire que ces femmes sont des démocrates qui se battent pour la liberté d’expression quand elles portent des accusations extrêmement graves lorsqu’on a le malheur de ne pas être d’accord avec elles. Mais bon, ça, personne ne leur dira ou alors on s’en tirera par une pirouette mensongère comme face à Aymeric Caron pour aller dire après qu’on a été imprécise parce que… They’re the Queens Of The World !

Source : https://twitter.com/FiammettaVenner/status/592565456130723840